Des fascines de saule pour tenir une berge, sans un seul engin
En novembre, nous avons reçu les élèves du CFPPA La Brosse à Venoy, formation ouvrier génie écologique, pour un chantier de plantation et de restructuration de berge. Un chantier tout manuel, sans aucun engin, avec des plants valorisés sur place comme le saule.
Publié le 12 décembre 2025, mis à jour le 4 septembre 2026
Une berge qui s'effondre se répare de deux façons. Avec des enrochements, une pelle mécanique et une facture, ou avec des végétaux vivants qui font le travail en poussant. La seconde tient aussi bien au bout de cinq ans, coûte moins cher, et se répare toute seule quand une crue emporte un morceau.
Ce qu'est une fascine de saule
Un fagot de branches de saule, long de deux à trois mètres, maintenu à la base de la berge par des pieux du même bois enfoncés dans le lit. Le fagot casse la force du courant au pied du talus, retient les sédiments, et les branches reprennent racine dans les semaines qui suivent. Au bout d'un an, ce qui était un fagot mort est devenu une ligne de saules enracinés qui tient la berge par en dessous.
Le saule utilisé est coupé sur place, en hiver, pendant la dormance. Il faut du bois d'un ou deux ans, souple, sans feuilles, et il faut le poser dans les jours qui suivent la coupe.
La toile de coco et les hélophytes
Au-dessus de la fascine, le talus lui-même a été couvert d'une toile de fibre de coco, agrafée dans la pente. Elle tient la terre le temps que les racines prennent le relais et se dégrade en trois ou quatre ans, quand on n'en a plus besoin.
Dans la toile, les élèves ont planté des hélophytes, ces plantes de bord d'eau dont les racines vivent dans la vase et le feuillage à l'air : iris des marais, salicaire, baldingère, carex. Leur système racinaire tresse la terre et fixe la partie du talus que la fascine ne protège pas.
Le haut du talus
Au-dessus de la zone humide, on revient à des arbustes de haie ordinaire. La viorne obier accepte les pieds frais mieux que la plupart, le cornouiller sanguin ne s'occupe pas de savoir où il pousse, le sureau noir aime les sols riches et humides, et le noisetier tient le rôle de masse. Cette bande arbustive filtre le ruissellement qui arrive de la parcelle avant qu'il n'atteigne l'eau.
Pourquoi accueillir des chantiers école
Ces chantiers apprennent aux élèves des gestes que peu de gens pratiquent encore, et ils nous obligent à expliquer ce que nous faisons d'habitude sans y penser. Merci à leurs formateurs, Vincent Guillard et Romuald Bardot, d'avoir choisi la pépinière comme lieu d'exercice pratique.
Si vous avez une berge, une mare ou un fossé qui se creuse, venez en parler. Nous produisons les arbustes de bord d'eau, et le saule se trouve à côté.