Fruitiers
Nos poiriers de variétés anciennes
Le poirier demande de la patience et un peu d'abri. En échange, il vit longtemps et donne des fruits qu'aucune étale ne propose.
Ce que nous cultivons
Louise Bonne d'Avranches
Pyrus communis 'Louise Bonne d'Avranches'
D'où viennent nos variétés de poires
Le curé de Villiers-en-Brenne remarque un poirier sauvage dans les bois de Fromenteau, près de Clion. Il le greffe pour le multiplier. Un siècle plus tard sa poire est plantée dans toute la France, et son nom à lui s'est perdu en route : on dit simplement le Curé.
Les poires anciennes ont presque toutes cette histoire-là. La Louise Bonne d'Avranches porte le prénom de la femme de celui qui l'a semée, vers 1780, dans la Manche. La Passe-Crassane sort d'un semis de Louis Boisbunel à Rouen en 1845, et le fruit n'est apparu qu'en 1854, neuf ans plus tard : il fallait de la patience, à l'époque, pour semer un pépin de poire. La Conférence doit son nom à un congrès de pomologues tenu à Londres en 1885, où son obtenteur l'a présentée.
Quelle poire pour quelle période
Une poire se mange dans une fenêtre courte, souvent trois ou quatre semaines. D'où l'intérêt d'en planter deux ou trois, échelonnées.
| Variété | Cueillette | Se mange | Ce qu'on en fait |
|---|---|---|---|
| Louise Bonne d'Avranches | seconde quinzaine de septembre | dans le mois qui suit | à croquer |
| Beurré Hardy | septembre | dans les semaines qui suivent | à croquer |
| Conférence | automne | jusqu'en décembre | à croquer |
| Curé | automne | décembre et janvier | à cuire |
| Passe-Crassane | octobre | de janvier à mars | à croquer |
La Louise Bonne est allongée, jaune vert lavée de rouge carmin du côté du soleil, et sa chair fond. Le Beurré Hardy arrive au même moment, avec ce parfum qui tire sur la rose ; cueillez-le un peu ferme et laissez-le finir sur une clayette à la maison. Le Curé, gros, marqué d'une ligne brune de l'œil au pédoncule, a une chair un peu granuleuse faite pour la casserole.
La Passe-Crassane est la seule du lot à donner une poire fraîche en plein hiver, sans chambre froide. On la vendait autrefois avec un bouchon de cire rouge sur le pédoncule, posé là pour limiter l'évaporation par la cassure et allonger la garde.
La Passe-Crassane et le feu bactérien
Elle est très sensible au feu bactérien. C'est ce qui l'a fait reculer partout, jusque dans les vergers professionnels.
Une attaque tue des charpentières entières en une saison. Il n'existe pas de traitement en verger familial, seulement la coupe et le brûlage des parties atteintes. Nous continuons à la greffer parce que sa poire de février n'a pas d'équivalent, et nous demandons simplement qu'on la plante en le sachant, à l'écart des aubépines et des autres poiriers déjà touchés dans le voisinage.
Dire ça fait parfois reculer un client. C'est préférable à un arbre mort au bout de six ans.
Le poirier et les gelées d'avril
Le poirier fleurit avant le pommier. Une semaine d'avance, parfois dix jours, et ça suffit pour prendre une gelée d'avril de plein fouet dans un printemps continental comme le nôtre.
On compense par l'emplacement. Le long d'un mur, dans un creux protégé du vent du nord, contre un bâtiment qui restitue un peu de chaleur la nuit. Le poirier accepte très bien d'être conduit en espalier sur une façade, ce qui règle la place et le gel du même coup, et une vieille maison de village s'y prête admirablement.
Il redoute l'eau stagnante plus que le pommier. Dans les fonds argileux de Puisaye, choisissez un point haut de la parcelle plutôt qu'une cuvette. Ouvrez un trou large, cassez les parois à la fourche-bêche, et laissez le point de greffe au-dessus du sol.
La pollinisation des poiriers
La Conférence fait exception : elle est partiellement autofertile et donne seule. Mais plantez un Beurré Hardy à quelques mètres et vous verrez la différence sur le calibre et sur le nombre.
Les autres réclament un partenaire dont la floraison tombe dans la même fenêtre. Le Beurré Hardy et la Louise Bonne se conviennent, la Louise Bonne et la Conférence aussi, et le Curé s'accommode de l'un comme de l'autre. Dix mètres au maximum entre deux arbres appelés à se féconder.
Quand planter un poirier
Nos poiriers partent à racines nues, de novembre à mars, hors gel, et se plantent dans la quinzaine qui suit l'arrachage. Novembre et décembre restent la meilleure fenêtre : la terre n'est pas encore froide et l'arbre a le temps de faire des radicelles avant de débourrer.
Un poirier vit longtemps, souvent plus longtemps que celui qui l'a planté. Ça vaut la peine de prendre une heure pour choisir l'endroit, et de venir nous en parler avant de creuser.
À lire avant de planter
Nos conseils sur le sujet
printemps
La pollinisation des fruitiers
Un pommier seul fleurit très bien. Il fait des fleurs blanches, les abeilles y travaillent trois jours, et en septembre il y a quatre pommes dessus. Le pollen d'un pommier ne féconde pas ses propres fleurs : il lui faut celui d'une autre variété, ouverte la même semaine, à portée de butineuse ! Pour une récolte fructueuse, pensez y !
hiver
Le gel et la rusticité
En 2021, une nuit de la mi-avril a grillé la floraison de la moitié des pommiers du secteur. Il n'y a pas eu de pommes cette année-là, et les mêmes arbres avaient traversé le mois de janvier sans qu'on s'inquiète une seconde pour eux. Toute la question du gel chez nous tient dans cet écart.
hiver
Au jardin en hiver
Les gens qui passent à la pépinière en janvier trouvent souvent qu'elle a l'air triste, et repartent avec cinq pommiers. C'est la saison où l'on voit le mieux ce qu'on achète : un arbre sans feuilles montre sa charpente, son porte-greffe et ses bourgeons à fruit. Dehors, la terre est libre, et presque tout ce qui se plante se plante maintenant.
Réussir une plantation
Un arbre mal planté ne meurt pas tout de suite, et c'est bien le problème. Il végète deux ans, il fait des feuilles de plus en plus petites, et il sèche au quatrième été sans que personne ne fasse le lien avec cette heure de janvier où on a creusé un peu vite parce qu'il pleuvait.
hiver
Pourquoi planter en hiver
Le 25 novembre, mettez la main au fond d'un trou de plantation. La terre y est encore tiède, alors que l'air pique et que vous avez les doigts froids. Tout le dicton tient dans cet écart-là, et des gens l'ont observé pendant des siècles sans avoir ni thermomètre ni bulletin météo.
hiver
Planter à racines nues
De novembre à mars, on arrache. À la fourche, le matin, dans les rangs derrière la serre. L'après-midi, les plants repartent dans des coffres de voiture et se retrouvent en terre le week-end suivant. Un arbre vendu sans pot surprend toujours la première fois : ça ressemble à un bâton avec des cheveux au bout. C'est pourtant ce qui reprend le mieux.
Choisir se fait mieux à deux
Décrivez-nous votre terrain, sa terre et son exposition. On vous dira lesquelles y tiendront.
- 12 route de Joigny 89110 La Ferté-Loupière, à quinze minutes de Joigny
- Du mercredi au samedi, 10h – 12h30 et 13h30 – 18h Sans rendez-vous
- 07 59 58 38 89 Souvent plus rapide qu'un courriel