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Jardin de Bohème, pépinière

Des rosiers qui ne demandent pas de traitement

Un rosier bien choisi et bien placé se passe de tout ce qu'on vend pour le soigner. Le choix de la variété fait presque tout le travail.

Rosier buisson couvert de roses rose foncé devant un mur de briques

Ce que nous cultivons

Des rosiers sans traitement

Le rosier a la réputation d'une plante qu'on pulvérise tous les quinze jours. Elle vient d'une génération de variétés sélectionnées pour la fleur de concours plutôt que pour le feuillage.

Les taches noires, l'oïdium et la rouille arrivent sur des rosiers sensibles, plantés serré, dans un endroit où l'air ne circule pas et où les feuilles restent mouillées jusqu'à midi. Changez ces conditions et le problème s'évapore sans qu'on ait rien pulvérisé. Le choix de la variété fait presque tout le travail, l'emplacement fait le reste, et le pulvérisateur reste au fond de la cabane.

Notre certification bio Ecocert couvre les plantes comestibles, et le rosier n'en fait pas partie. Il pousse ici avec les mêmes gestes et les mêmes mains, sans produit de synthèse et sans désherbant, et aucun contrôleur ne vient le vérifier. C'est une différence administrative, et nous préférons l'écrire.

Où planter un rosier

De l'air, d'abord. Un rosier collé contre un mur sans ventilation, ou serré entre deux arbustes, garde son feuillage humide et attrape tout ce qui passe. Laissez un mètre entre deux buissons, deux mètres pour un grimpant, et posez le support à quelques centimètres de la façade pour que l'air circule derrière.

Du soleil ensuite, six heures au minimum, et de préférence celui du matin, qui sèche la rosée sur les feuilles avant que les spores n'aient le temps de germer.

Et surtout, ne replantez pas un rosier à l'emplacement d'un vieux. La fatigue des sols est réelle : le jeune pied végète pendant des années sans qu'on comprenne pourquoi, alors que le même godet aurait explosé trois mètres plus loin. Changez d'endroit, ou remplacez la terre sur un large volume.

Rosier de Provins, rugueux, églantier, grimpant

Le rosier de Provins fleurit une fois, en juin, pendant trois ou quatre semaines, et son parfum tient dans les pétales même séchés. On le cultivait en Bourgogne bien avant les rosiers modernes. Il pousse dans le calcaire, il drageonne, et il n'a jamais eu besoin d'un traitement.

Le rosier rugueux, lui, ne s'arrête pas. Il fleurit de juin aux premières gelées, puis couvre ses branches de cynorrhodons gros comme de petites tomates, à ramasser pour la confiture ou à laisser aux oiseaux. Ses tiges très épineuses en font une limite que personne ne traverse, et il pousse même dans les sols pauvres et sableux.

L'églantier est le rosier de nos haies. Fleurs roses très simples en juin pendant trois semaines, puis des cynorrhodons rouge vif qui restent accrochés jusqu'en février. C'est l'une des rares ressources alimentaires disponibles en plein hiver, pour les grives comme pour qui veut faire du sirop.

Reste 'Pierre de Ronsard', qui porte de grosses fleurs en coupe, rose soutenu au centre et crème sur les bords, sur un grimpant vigoureux qui atteint trois mètres et remonte jusqu'en septembre. À savoir avant de l'acheter : il sent peu, et ses boutons ouvrent mal sous une pluie continue. On préfère le dire, quitte à ce que quelqu'un reparte avec autre chose.

Le rosier en sol argilo-calcaire

Le rosier se plaît dans les terres argilo-calcaires, qui gardent la fraîcheur en profondeur et lui donnent de quoi s'ancrer.

Le froid ne pose pas davantage de question. Le rosier de Provins, l'églantier et le rosier rugueux descendent à moins trente degrés, 'Pierre de Ronsard' à moins vingt. Le seul point de vigilance reste l'eau qui stagne au collet dans les cuvettes : ouvrez large, cassez les parois du trou, et évitez le point bas d'une parcelle qui se remplit en février.

Planter un rosier à racines nues

Un rosier s'achète pendant la saison de repos, de novembre à mars, sans motte. Il coûte moins cher qu'un conteneur, il reprend mieux, et ses racines partent tout de suite dans le sol.

Plantez dans la quinzaine qui suit l'arrachage, et enterrez le point de greffe de deux à trois centimètres sous la surface. C'est l'inverse de ce qu'on fait sur un pommier, et beaucoup se trompent : ici, le point de greffe enterré protège du gel et empêche le porte-greffe de drageonner.

La taille se fait en mars, quand les grosses gelées sont derrière. Le rosier de Provins fait exception : il fleurit sur le bois de l'année précédente, on le taille donc juste après sa floraison de juin.

Venir sentir en juin

Un parfum ne se lit pas sur une étiquette, et la différence entre un rose soutenu et un rose franc ne se voit pas sur un écran.

Passez quand le rosier de Provins est ouvert. Sentez, notez ce qui vous a arrêté, et revenez le chercher à racines nues quand il fera froid.

À lire avant de planter

Nos conseils sur le sujet

Coccinelle posée sur un bouton floral, au milieu du feuillage

Jardiner sans pesticides

Les pesticides de synthèse sont interdits aux particuliers depuis 2019, et beaucoup de jardins vont mieux depuis. Ce qui règle un problème de pucerons ou de tavelure, chez nous, c'est presque toujours une autre variété, un autre emplacement, ou deux semaines de patience pendant que les coccinelles arrivent.

Choisir se fait mieux à deux

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