De quoi remplir un massif pour longtemps
Elles disparaissent l'hiver et reviennent plus larges chaque printemps. Bien choisies, elles couvrent le sol, se passent d'arrosage et se divisent pour en faire d'autres.
Ce que nous cultivons
Les graminées et les terres argileuses
Le stipa cheveux d'ange est la graminée la plus vendue de France et celle qui déçoit le plus ici. Une touffe de feuilles filiformes qui ondule au moindre souffle et blondit dès juillet, plantée en avril dans une belle terre de jardin, disparue en mars.
Elle ne meurt pas de froid. Elle pourrit. La plupart des graminées ornementales viennent de milieux drainants, secs en hiver, et la Puisaye offre exactement le contraire : une argile qui reste gorgée d'eau de novembre à mars. Le cheveux d'ange demande donc un haut de talus, une bordure surélevée, une rocaille, ou un mélange largement chargé en gravier. Bien placé, il dure des années. Placé au milieu d'un massif plat, on ne le revoit pas.
La molinie fait exception, et c'est ce qui la rend précieuse. Elle pousse dans nos prairies humides, elle accepte l'argile sans réserve, et elle donne en août une gerbe de tiges fines qui blondit en octobre. Quand le terrain est lourd, c'est elle qu'on plante.
Quelle vivace pour quelle exposition
L'exposition tranche presque tout, et les gens arrivent souvent avec une couleur en tête plutôt qu'avec une orientation.
À l'ombre franche, sous les arbres, le hosta. On le plante pour ses feuilles : larges, gaufrées, bleu-vert ou bordées de crème, elles font une touffe ronde qui occupe le sol tout l'été. Il attire les limaces, autant le savoir avant. L'hellébore supporte la même ombre et pousse dans le calcaire que beaucoup de vivaces refusent ; elle ouvre ses fleurs dès janvier et les garde jusqu'en mars, puis reste vingt ans au même endroit sans qu'on s'en occupe.
À mi-ombre, pour couvrir vite, le géranium vivace, qui n'a rien à voir avec le pélargonium des balconnières. Il couvre le sol assez densément pour que les adventices n'y montent plus, il fleurit longtemps, et il s'élargit un peu plus chaque printemps. C'est la vivace qu'on met dans les mains de quelqu'un qui démarre.
En plein soleil, le népéta fait un coussin gris bleuté couvert d'épis lavande de la fin mai aux gelées. Rabattu une fois en juillet, il refleurit dans la foulée. Il tient nos hivers continentaux mieux que la lavande, qui souffre dans nos terres lourdes. Les chats s'y roulent avec un enthousiasme qu'il faut avoir vu une fois.
Et pour la fin de saison, le sedum d'automne. Il passe l'été à faire des rosettes charnues, puis ouvre ses larges corymbes roses en septembre, au moment où il n'y a presque plus rien pour les abeilles et les papillons. Ses fleurs fanées brunissent et tiennent sur leur tige tout l'hiver.
Combien de pieds au mètre carré
C'est ce qui rate le plus souvent un massif, et ça n'a rien à voir avec le choix des variétés : trop d'espèces, en trop petit nombre.
Un massif se lit de loin. Une même vivace répétée en nappe accroche l'œil ; des pieds isolés d'espèces différentes donnent du désordre. Prenez moins d'espèces et plus d'exemplaires, quitte à revenir l'année suivante en agrandir une.
Comptez quarante centimètres entre deux géraniums vivaces, autant entre deux népétas ou deux sedums, quarante-cinq entre deux hellébores, cinquante-cinq entre deux hostas, soixante-dix entre deux molinies qui monteront à un mètre vingt. Le sol paraît nu la première année. Il se referme la troisième.
Le drainage hivernal
Aucune de ces plantes ne redoute nos températures. Le géranium vivace tient à moins vingt degrés, le hosta, l'hellébore, le sedum et la molinie à moins vingt-cinq.
Ce sont les quatre mois de sol saturé qui font la différence. Le sedum d'automne et le népéta veulent du drainant et du plutôt pauvre. Le hosta et l'hellébore veulent de la fraîcheur, ce que nos argiles leur donnent sans effort, à condition qu'ils ne finissent pas dans une cuvette.
L'ornemental et la certification bio
Notre certification Ecocert couvre les plantes comestibles. Les vivaces de massif et les graminées restent en dehors : mêmes pratiques, mêmes substrats, aucun produit de synthèse, et pas de label à afficher dessus. On préfère le dire que de laisser croire.
Venir composer le massif
Un massif se dessine mieux devant les godets que sur une feuille. On voit ce qui fleurit en même temps, ce qui jure, et on ajuste les quantités sur place.
Venez avec les dimensions et l'orientation de la zone à remplir. Si le chantier dépasse le massif, Guillaume se déplace et établit un plan de plantation.
À lire avant de planter
Nos conseils sur le sujet
hiver
Le gel et la rusticité
En 2021, une nuit de la mi-avril a grillé la floraison de la moitié des pommiers du secteur. Il n'y a pas eu de pommes cette année-là, et les mêmes arbres avaient traversé le mois de janvier sans qu'on s'inquiète une seconde pour eux. Toute la question du gel chez nous tient dans cet écart.
Connaître son sol
Apportez-nous un bocal de terre prise à vingt centimètres, et dites-nous où l'eau stagne chez vous en janvier. Avec ces deux renseignements, on sait déjà ce qui tiendra chez vous et ce qui n'a aucune chance. Une terre élimine d'elle-même une grande partie du catalogue, avant qu'on ait parlé de couleur de fleur.
été
Au jardin en été
Les étés d'ici ne ressemblent plus à ceux d'il y a vingt ans. Les périodes sèches s'allongent, et quand la pluie revient elle tombe d'un coup, en orage, sur des terres croûtées qui l'envoient directement au fossé. En juin 2026, on a ouvert uniquement le matin pendant plusieurs samedis. Un jardin d'été se gère surtout par ce qu'on a fait avant.
Attirer la biodiversité
Une cliente est revenue un mois de juin nous dire qu'elle avait des mésanges dans la haie plantée trois hivers plus tôt, et qu'elle n'avait rien fait pour ça. C'est exactement ce qui se passe. On ne fait pas venir les oiseaux avec une mangeoire ; on installe les conditions, on attend deux ou trois saisons, et un matin ils sont là.
Le paillage
Il y a une allée à la pépinière qu'on ne paille pas, entre deux rangs qui le sont depuis trois ans. Au mois d'août, l'allée est grise et fendue, on y planterait un piquet au marteau. Dans le rang d'à côté, on écarte le broyat à la main et la terre est fraîche, souple, pleine de galeries. C'est le même sol, à quatre-vingts centimètres de distance.
Ce qui a tenu cet été
L'été a été long et sec, avec des semaines où l'on a ouvert uniquement le matin. Dans nos rangs de production, tout ne s'est pas comporté de la même façon, et c'est le genre de renseignement qui vaut mieux qu'une fiche technique. Voilà ce qu'on a vu, ici, sur des argiles calcaires, en plein champ.
Choisir se fait mieux à deux
Décrivez-nous votre terrain, sa terre et son exposition. On vous dira lesquelles y tiendront.
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