Une haie de cent cinquante mètres plantée chez un particulier
Les élèves de la MFR de Villevalier et le Jardin de Bohème ont planté une haie bocagère de cent cinquante mètres pour un particulier, sur la commune de Grandchamp, sous la coordination du CPIE Yonne-Nièvre. Voilà ce qu'on met dans cent cinquante mètres, et ce que ça demande.
Publié le 18 décembre 2025, mis à jour le 4 septembre 2026
Cent cinquante mètres, sur une double ligne en quinconce, c'est de l'ordre de deux cent cinquante plants. À la main, avec une bêche et de la volonté, il faut compter une bonne journée à dix personnes, et ça se fait. C'est ce qui a été fait ce jour-là.
Les essences choisies
Le fusain d'Europe, l'églantier, le cornouiller sanguin, l'aubépine, le troène des bois et le mûrier noir. Six essences pour un linéaire de particulier, c'est la bonne mesure : en dessous de quatre, la haie devient fragile ; au-delà de dix, on ne sait plus l'entretenir parce que chacune se taille différemment.
Le fusain d'Europe fait des fruits roses invraisemblables en octobre et prend un feuillage d'automne écarlate. L'églantier tient le rôle défensif avec l'aubépine et donne les cynorhodons. Le cornouiller sanguin ne demande rien et rougit ses bois en hiver. Le troène reste garni tard dans la saison, ce qui compte quand la haie sert d'écran.
Comment on organise une journée de plantation
Le piquetage d'abord, la veille si possible. On marque l'axe au cordeau, on place les plants au sol dans leur ordre définitif, groupés par trois ou par cinq de la même essence plutôt qu'alternés un par un : c'est plus joli, ça pousse mieux, et la taille s'en trouve simplifiée.
Ensuite les trous, toujours plus larges que profonds. Sur les argiles de Puisaye, un trou étroit fait au fer de bêche a des parois lissées où les racines tournent en rond au lieu de sortir. On griffe donc les parois.
Le paillage se pose dans la foulée, jamais le lendemain. Un plant paillé tout de suite ne connaît pas la concurrence de l'herbe pendant deux ans, et c'est cette concurrence, pas la sécheresse, qui tue la plupart des jeunes haies.
Ce que le propriétaire aura à faire
Trois printemps de vigilance. Vérifier que le paillage n'a pas glissé, ouvrir un disque propre autour du collet, arroser copieusement deux ou trois fois pendant les périodes sèches de mai à juillet la première année. Un arrosage de dix litres tous les quinze jours vaut mieux que deux litres tous les jours.
Puis rabattre. Le noisetier, le charme et le prunellier se recèpent bas la deuxième ou la troisième année pour qu'ils partent en cépée et garnissent le pied de la haie. Une haie qu'on n'a jamais rabattue devient un alignement de baguettes nues avec un plumeau au bout.
Faire planter, ou planter soi-même
Nous fournissons les plants et le plan, nous plantons quand c'est demandé, et nous accompagnons volontiers un chantier collectif, comme celui-là avec le CPIE Yonne-Nièvre et la MFR. Dites-nous votre linéaire et l'usage que vous attendez de la haie, brise-vent, écran, nourricière : le mélange se compose là-dessus.