Fruitiers
Le noisetier, la première fleur de l'année
Corylus avellana
Les chatons jaunes s'ouvrent en février, parfois dès la fin janvier, quand il n'y a rien d'autre. C'est le premier pollen de l'année pour les abeilles qui sortent au premier redoux. Il pousse vite, il accepte l'argile, et il donne des noisettes au bout de trois ou quatre ans sans qu'on ait rien fait pour.
Sous quelle forme
Sa carte d'identité
- Hauteur adulte
- 5 m
- Largeur adulte
- 4 m
- Distance de plantation
- 1 m
- Exposition
- Mi-ombre
- Sol
- Argilo-calcaire, frais, tolère le lourd, craint l'eau stagnante
- Rusticité
- -25 °C
- Arrosage
- La première année, puis autonome
- Plantation
- automne, hiver
- Floraison
- hiver
- Récolte
- automne
Ce que c’est
Le noisetier ne fait pas de tronc, il fait une touffe. Des rejets partent du pied et montent droit, si bien qu'à dix ans vous avez un arbuste de quatre mètres, large comme une voiture, dont on coupe un tiers des tiges au ras du sol tous les trois ou quatre ans pour qu'il reste garni du bas. Cette forme en cépée est exactement ce qu'on demande à un arbuste de bourrage : occuper le volume du bas, là où une haie doit être opaque.
Sa floraison déroute quand on ne la connaît pas. Les chatons mâles pendent, jaunes, longs de cinq centimètres, et ce sont eux qu'on voit de loin. Les fleurs femelles sont des pinceaux rouges gros comme une tête d'épingle, plaqués contre le rameau. Il faut se pencher pour les trouver la première fois, et ensuite on les cherche chaque hiver. Le vent fait le transport, pas les insectes, mais les abeilles viennent chercher le pollen dès que la température dépasse dix degrés. En février, dans l'Yonne, c'est souvent tout ce qu'elles trouvent.
Les noisettes mûrissent en septembre. Les écureuils et les mulots en prennent une bonne part, ce qui n'est pas un défaut dans une haie faite pour ça. Si vous voulez récolter pour vous, plantez-en au moins deux : la plupart des noisetiers se fécondent mal avec leur propre pollen, et deux pieds voisins donnent nettement plus qu'un seul.
En Puisaye il pousse spontanément dans les lisières et les fonds de vallon. Ce qui limite son besoin de compagnon, même si en planter deux assure une meilleure récolte.
La planter
À racines nues de novembre à mars, hors gel. Le noisetier accepte à peu près tout, sauf un sol qui reste sous l'eau tout l'hiver.
L’entretenir
Rien les premières années. Ensuite, le recépage : on coupe au ras du sol les tiges les plus vieilles, un tiers de la touffe, tous les trois ou quatre ans. La souche repart avec vigueur et l'arbuste reste garni du bas.
Taille et recépage se font l'hiver, en dehors de la période de nidification, qui court de la mi-mars à la mi-août.
Le balanin est son parasite habituel, un charançon dont la larve creuse la noisette et sort par un trou rond. Ramasser et détruire les fruits tombés en juillet limite le cycle. Sans traitement, on en récolte moins, et c'est le prix à payer.
Avec quoi l’associer
Le noisetier est le meilleur compagnon du charme : il garnit vite pendant que le charme s'installe, et il fleurit six semaines avant tout le monde. Mettez-y le sureau noir, qui prend le relais en juin, et le cornouiller sanguin, qui tient l'automne avec ses feuilles rouges.
Pour une haie qui se mange, il va avec les groseilliers et les cassissiers, comme dans les haies gourmandes que nous plantons chez les gens. Le noisetier fait alors la hauteur et l'ombre légère dont les petits fruits ont besoin l'été.
À planter avec elle