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Jardin de Bohème, pépinière

Où nous intervenons

Dans le Sénonais, sur des terres de craie et de limon

Sens est la deuxième ville du département et se trouve à une quarantaine de kilomètres de la pépinière. Nous y intervenons pour la création, la plantation et la taille, avec des végétaux issus de notre production.

Petit jardin de ville en longueur, bande de gazon fraîchement posée entre deux massifs paillés, cabanon bleu au fond

Une croûte de battance après trois jours de pluie

Les plateaux du Sénonais sont couverts de limons : des terres profondes, souples, faciles à travailler, qui donnent envie de tout planter. Elles ont un défaut, et il se voit à l'œil nu. Laissée nue sous la pluie, la surface se ferme en une croûte lisse et grise sur laquelle l'eau ruisselle au lieu d'entrer. Les semis n'y lèvent pas, les jeunes plantations s'assèchent en dessous alors qu'il vient de pleuvoir.

La réponse est toujours la même : ne jamais laisser le sol nu. Paillage, couvre-sols denses, matière organique en surface. Un massif de vivaces qui se touchent au bout de deux ans ne fait plus jamais de croûte.

Sous les limons, la craie n'est jamais loin

Le pH est franchement basique et l'eau traverse au lieu de stagner. Les végétaux de terre acide sont hors sujet, et les chloroses guettent tout ce qui n'aime pas le calcaire : un hortensia jaunit, un pieris dépérit en deux ans, un fruitier greffé sur un porte-greffe mal choisi traîne huit ans sans qu'on comprenne pourquoi et finit arraché. Nous voyons ces cas-là chaque année, et ils viennent presque toujours d'un achat en libre-service.

En rase campagne, on plante l'abri avant le jardin

Plus loin dans la plaine céréalière, il n'y a rien entre une maison isolée et l'horizon. Le vent d'ouest passe en continu, dessèche, casse les jeunes pousses et fait perdre plusieurs degrés ressentis en hiver. Planter un massif délicat dans ces conditions revient à le sacrifier. Le premier chantier est donc toujours la haie brise-vent : une haie bien composée, perméable plutôt qu'étanche, protège une bande de terrain longue de dix à quinze fois sa hauteur, et tout ce qu'on plante derrière démarre autrement.

Des jardins de 1975 arrivés à maturité en même temps

Dans les faubourgs et les communes de l'agglomération, du côté de Paron, de Saint-Clément ou de Maillot, les pavillons plantés dans les années soixante-dix posent tous la même question aujourd'hui. Les arbres d'ornement sont devenus trop hauts pour la parcelle, les haies trop larges pour l'allée, et le jardin est passé à l'ombre complète sans que personne l'ait décidé. Le travail consiste d'abord à trancher : ce qu'on abat, ce qu'on garde, ce qu'on rajeunit sur plusieurs hivers.

Nous savons quel âge a chaque plant

Nous partons de notre stock, semé, greffé et élevé nous-mêmes, et nous complétons ce qui manque chez des confrères dont nous connaissons les parcelles. Cela veut dire que nous savons comment chaque plant a été conduit et ce qu'il fera dans cinq ans, ce qu'aucun bon de livraison ne dira jamais.

Nous faire venir sur Sens

Nous nous déplaçons sur Sens et son agglomération pour la visite de terrain. Pour choisir des variétés de fruitiers, rien ne remplace un passage à la pépinière en automne, quand les arbres portent encore.

Un chantier près de chez vous

À compléter par un chantier réalisé dans le Sénonais. Une haie brise-vent en campagne ouverte, avec le linéaire et la composition, ou la recomposition d'un jardin pavillonnaire arrivé à maturité, avec ce qui a été abattu et ce qui a été gardé. Dans les deux cas, la commune, l'année de plantation et une photo prise au moins deux saisons plus tard.

Sur ces terres

Ce qui tient ici

Pour la haie brise-vent de plaine : le troène garde ses feuilles une bonne partie de l'hiver, l'érable champêtre et l'églantier encaissent le vent d'ouest sans casser, la clématite des haies court dedans et la ferme par le bas. Pour les jardins pavillonnaires qu'on rajeunit : le seringat et la spirée se rabattent franchement et repartent, le géranium vivace couvre le sol assez vite pour empêcher la croûte de battance de se reformer. Le laurier-sauce demande un coin abrité par un mur, sans quoi il grille à la première bise de février.

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