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Jardin de Bohème, pépinière

Faire venir les oiseaux, les abeilles et les hérissons au jardin

Une cliente est revenue un mois de juin nous dire qu'elle avait des mésanges dans la haie plantée trois hivers plus tôt, et qu'elle n'avait rien fait pour ça. C'est exactement ce qui se passe. On ne fait pas venir les oiseaux avec une mangeoire ; on installe les conditions, on attend deux ou trois saisons, et un matin ils sont là.

Prairie fleurie fauchée en courbes autour d'un bassin de nage et d'un petit pavillon, en lisière de bois

Ce qu'il faut à un animal pour rester dans un jardin

Manger, se cacher, boire, et qu'on lui fiche la paix. Un hérisson, une abeille maçonne, un rouge-gorge et un carabe ne demandent rien d'autre. Un jardin qui fournit ça se peuple en deux ou trois saisons sans qu'on achète quoi que ce soit.

L'ordre compte. Une mangeoire dans un jardin sans haie et sans insectes fabrique du passage : les mésanges viennent en janvier et disparaissent en mars, parce qu'elles nourrissent leurs petits de chenilles et qu'il n'y en a pas chez vous. Un hôtel à insectes posé au milieu d'une pelouse rase reste vide pendant des années. La structure du jardin et sa tranquillité décident de tout, et les accessoires viennent loin après.

Pourquoi une haie champêtre fait venir tout le monde

Une haie champêtre d'essences locales donne tout à la fois. Des fleurs en mars et en avril, quand les abeilles sauvages sortent et qu'il n'y a presque rien d'ouvert. Des fruits en été et en automne pour les oiseaux et les petits mammifères. Des branchages denses et épineux où nicher à l'abri des chats, et de quoi grimper : une clématite des haies ou un chèvrefeuille des bois lancés dans un arbuste doublent le nombre de cachettes sans occuper un centimètre au sol. Et à terre, une litière de feuilles où passent l'hiver les hérissons, les carabes et les larves de coccinelles.

Elle travaille aussi pour vous. Elle protège les sols du vent et de l'érosion, elle conserve l'humidité de la terre en limitant son assèchement, et elle recrée les corridors par lesquels la faune circule d'un bois à l'autre. Dans un paysage où les haies ont été arrachées sur des kilomètres pendant les remembrements, trente mètres replantés paraissent dérisoires, et à l'échelle d'une commune ça finit par faire un réseau.

En y mettant des arbustes à petits fruits, groseilliers, cassissiers, sureaux, prunelliers, noisetiers, la haie devient une réserve de nourriture pour tout le monde, et vous y récoltez aussi. Les prunelles se ramassent après les premières gelées, quand plus personne ne va au jardin.

Le cornouiller à bois rouge, lui, se remarque surtout en janvier, quand ses tiges rouges sont la seule couleur du jardin et que les oiseaux s'y posent parce qu'il n'y a rien d'autre.

Un alignement de thuyas ne fait rien de tout ça. Il ne fleurit pas, il ne fructifie pas, personne n'y niche, et sa litière stérilise le sol à son pied.

Quelles fleurs pour les abeilles au printemps et à l'automne

Les abeilles sauvages, dont il existe des centaines d'espèces en France et dont la plupart vivent seules sans ruche ni miel, sortent aux premières douceurs. Ce qui leur manque n'est pas le pic de floraison de mai, où tout ouvre en même temps et où il y a à manger partout. Ce sont les deux bouts de la saison.

Au printemps, la soudure se fait sur le saule marsault, les fruitiers, les groseilliers, les pulmonaires et les pissenlits de la pelouse. En fin de saison, sur les asters, le sédum d'automne, le lierre en fleur, les origans montés et les menthes qu'on a laissées fleurir. L'achillée millefeuille et le souci officinal tiennent, eux, du printemps aux gelées, et ils se ressèment seuls. Un lierre adulte en octobre, sur un vieux mur, bourdonne comme une ruche à midi. C'est la dernière grosse ressource avant l'hiver, et on l'arrache un peu partout.

Choisissez des fleurs simples, où les étamines sont accessibles : un insecte ne peut matériellement pas entrer dans une rose à cent pétales. Et laissez monter une partie de vos aromatiques. Un pied d'origan en fleur au mois de juillet est la plante la plus fréquentée du jardin.

Arrêter de tondre partout et de nettoyer à l'automne

C'est souvent là que le résultat se joue, et c'est gratuit.

Arrêtez de tondre partout. Une bande d'herbe haute le long d'une haie, ou un carré au fond du terrain qu'on fauche une fois à la fin de l'été, héberge plus d'espèces que tout le reste du jardin réuni. La tonte rase et hebdomadaire est ce qui appauvrit un terrain le plus vite, et c'est aussi ce qui demande le plus de travail.

Arrêtez de nettoyer à l'automne. Les tiges creuses des vivaces abritent des larves d'abeilles solitaires tout l'hiver, les feuilles mortes abritent les hérissons et les vers. On rabat en mars, quand tout est sorti. Un massif de graminées sèches sous le givre, en janvier, est de toute façon plus beau qu'une terre nue.

Arrêtez d'éclairer la nuit. Un éclairage permanent épuise les papillons de nuit, qui tournent autour jusqu'à mourir, et gêne les chauves-souris, vos meilleures alliées contre les moustiques. Un détecteur de mouvement fait le même travail.

Et laissez un tas quelque part. Un tas de bois mort, un tas de pierres, un tas de branchages dans le coin qui ne sert à rien : c'est le refuge le plus efficace et le moins coûteux qui existe, et il se remplit dès le premier hiver.

Un point d'eau, et un passage pour les hérissons

Un point d'eau change un jardin en une saison. Une coupelle peu profonde avec une pierre au milieu, pour que les insectes se posent sans se noyer, suffit aux abeilles et aux oiseaux ; renouvelez-la tous les deux jours en été, sinon elle devient un élevage de moustiques. Une mare d'un mètre carré, avec des berges en pente douce d'un côté, amène les grenouilles et les libellules dans l'année. Plantez-y une menthe aquatique : elle tient les pieds dans l'eau, elle fleurit en août, et elle est couverte d'insectes quand le reste du jardin est sec.

Pensez aussi à la circulation. Un hérisson parcourt plusieurs kilomètres par nuit et ne saute pas les clôtures. Un trou de quinze centimètres de côté au bas d'un grillage lui rouvre le jardin. Sur un lotissement entier où les clôtures descendent au ras du sol, la faune terrestre est simplement enfermée dehors, et il suffirait que chacun perce son grillage pour que ça change.

Où poser un nichoir à mésanges

Ils ont leur utilité, à condition d'arriver en dernier. Un nichoir à mésanges orienté entre l'est et le sud-est, à l'abri des vents dominants et hors de portée des chats, se remplit presque toujours dès la première saison. Une planche percée de trous de quatre à dix millimètres, posée au sud et au sec, accueille les abeilles maçonnes, qui bouchent les tubes de boue au printemps.

Aucun de ces objets ne remplace une haie, une prairie et un coin qu'on laisse tranquille.

Composer une haie champêtre avec nous

Nous produisons des arbustes de haie champêtre à racines nues, disponibles de novembre à mars, choisis parmi les essences qui poussent naturellement dans l'Yonne et en Puisaye. Venez avec la longueur, l'exposition et ce que vous voulez obtenir, du brise-vue, des fruits, des fleurs pour les abeilles ou tout en même temps. On vous fera une composition et on vous dira combien de plants au mètre. Et si vous nous décrivez le fond du terrain qui ne sert à rien, on vous dira aussi ce qu'il faut y faire, ce qui revient souvent à y faire beaucoup moins. Pour une haie entière, nous nous déplaçons et nous chiffrons la plantation.

Ce dont il est question

Les familles

Si vous préférez qu'on s'en charge

Massif de vivaces et d'aromatiques bordé de bois flotté, entre une allée de gravier clair et une terrasse en bois adossée à une maison au bardage gris

Création de jardin

Nous créons des jardins dans un rayon d'une heure de route autour de La Ferté-Loupière. Le dessin, les végétaux et la plantation viennent de la même maison, et le plan que vous recevez est fait avec ce qui pousse dans nos rangs.

Jeune haie fraîchement plantée le long d'une allée bétonnée, arbustes encore nus en automne face à une grande pelouse

Plantation de haie

Nous composons et plantons des haies champêtres, bocagères, fleuries ou comestibles, sur quinze mètres de clôture comme sur trois cents mètres de parcelle. Les plants sortent de notre production, ou de pépiniéristes dont nous avons vu les rangs.

À lire aussi

Jeune massif de conifères nains et de vivaces argentées paillé de copeaux de bois, nichoir sur pied et saules nus en arrière-plan

Le paillage

Il y a une allée à la pépinière qu'on ne paille pas, entre deux rangs qui le sont depuis trois ans. Au mois d'août, l'allée est grise et fendue, on y planterait un piquet au marteau. Dans le rang d'à côté, on écarte le broyat à la main et la terre est fraîche, souple, pleine de galeries. C'est le même sol, à quatre-vingts centimètres de distance.

Mixed-border de vivaces, graminées et arbustes fleuris longeant une terrasse de pierre et une piscine, ouverte sur la campagne

été

Au jardin en été

Les étés d'ici ne ressemblent plus à ceux d'il y a vingt ans. Les périodes sèches s'allongent, et quand la pluie revient elle tombe d'un coup, en orage, sur des terres croûtées qui l'envoient directement au fossé. En juin 2026, on a ouvert uniquement le matin pendant plusieurs samedis. Un jardin d'été se gère surtout par ce qu'on a fait avant.

Givre blanc déposé sur un feuillage de conifère

hiver

Le gel et la rusticité

En 2021, une nuit de la mi-avril a grillé la floraison de la moitié des pommiers du secteur. Il n'y a pas eu de pommes cette année-là, et les mêmes arbres avaient traversé le mois de janvier sans qu'on s'inquiète une seconde pour eux. Toute la question du gel chez nous tient dans cet écart.

On en reparle sur place

Apportez vos questions, on a les plants sous la main et le temps d'y répondre.

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