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Jardin de Bohème, pépinière

en été

Arroser, récolter et greffer au jardin en été

Les étés d'ici ne ressemblent plus à ceux d'il y a vingt ans. Les périodes sèches s'allongent, et quand la pluie revient elle tombe d'un coup, en orage, sur des terres croûtées qui l'envoient directement au fossé. En juin 2026, on a ouvert uniquement le matin pendant plusieurs samedis. Un jardin d'été se gère surtout par ce qu'on a fait avant.

Mixed-border de vivaces, graminées et arbustes fleuris longeant une terrasse de pierre et une piscine, ouverte sur la campagne

Comment arroser en été sans gaspiller

Toute la méthode tient là-dedans, et presque tout le monde fait l'inverse.

Un arrosage léger tous les soirs mouille les cinq premiers centimètres, s'évapore avant midi, et apprend aux racines à rester en surface, exactement là où le sol sèche en premier. Vous fabriquez une plante dépendante. Un arrosage copieux tous les cinq ou sept jours descend, et les racines descendent avec.

Sur nos argiles calcaires, l'eau pénètre lentement. Si elle ruisselle au lieu d'entrer, arrêtez, laissez absorber quelques minutes, recommencez. Une cuvette formée autour d'un jeune arbre, ou un tuyau posé au sol et laissé couler à faible débit pendant une demi-heure, valent mieux qu'un jet à pleine pression qui tape la terre et la referme.

Arrosez le soir ou tôt le matin, jamais en plein soleil. Et ne comptez jamais un orage d'été pour un arrosage : dix millimètres tombés en un quart d'heure sur une terre sèche et croûtée repartent presque entièrement dans le fossé du bas, et on peut vérifier en creusant le lendemain, la terre est sèche à quatre centimètres.

La priorité absolue va aux plantations de l'hiver précédent. Un arbre mis en terre en novembre traverse son premier été avec un système racinaire encore court. C'est cet été-là, et celui d'après, qui décident s'il reste.

Quand poser le paillage d'été

Un sol couvert perd beaucoup moins d'eau qu'un sol nu et reste plus frais de plusieurs degrés en surface. Si vous ne devez faire qu'une chose avant l'été, c'est pailler en mai, sur une terre encore humide.

Tonte séchée en couches fines, broyat de taille d'hiver, paille, feuilles de l'automne précédent : ce que vous avez sous la main convient. On dégage simplement le collet des plantes et le tronc des arbres, pour ne pas garder d'humidité contre l'écorce.

Paillé en juillet sur une terre déjà sèche, le même matériau enferme la sécheresse dessous. Il y a un mois pour ça, et c'est mai.

Que récolte-t-on en été

Les petits fruits ouvrent la saison. Groseilles et cassis en juin et juillet, les framboisiers remontants jusqu'aux gelées, et le mûrier sans épines en août, qui a l'avantage de se cueillir sans y laisser les avant-bras. Cueillez le matin, à la fraîche : les mêmes fruits ramassés à quinze heures se gardent deux jours de moins et s'écrasent dans la cagette. C'est la différence entre une récolte qu'on transforme tranquillement le lendemain et une récolte qu'il faut traiter le soir même.

Les aromatiques se coupent juste avant la floraison, quand les feuilles sont les plus parfumées. C'est le bon moment pour tailler franchement la menthe marocaine, celle du thé, ainsi que la menthe poivrée et la menthe bergamote. Une coupe sévère en juillet fait repartir des feuilles tendres pour l'automne, au lieu de laisser la touffe monter en graine et se dégarnir par le bas. Laissez-en tout de même fleurir un pied. Un origan monté en fleur et une sauge sclarée en juillet sont deux des plantes les plus fréquentées du jardin au moment où il n'y a plus grand-chose d'ouvert ailleurs.

Sur les fruitiers, si un jeune pommier porte plus de fruits qu'il ne peut en nourrir, éclaircissez en juin. En retirant les fruits en surnombre sur chaque bouquet, on obtient des pommes plus grosses, on évite les branches cassées en septembre, et surtout on limite l'alternance, cette habitude qu'ont beaucoup de variétés anciennes de donner une année sur deux.

La taille en vert et la greffe en écusson

La taille en vert consiste à pincer en juin et juillet les pousses de l'année sur les fruitiers palissés ou en forme. Elle freine la vigueur au profit des boutons à fruit et fait entrer la lumière sur les pommes qui mûrissent. Sur un arbre trop vigoureux, elle remplace avantageusement une grosse taille d'hiver qui ne ferait que l'exciter davantage.

La greffe en écusson ensuite, de la mi-juillet à la fin août, quand l'écorce se décolle facilement du bois et qu'on peut soulever un lambeau à l'ongle. C'est la technique qui permet de multiplier une variété à partir d'un simple œil. Si un vieux pommier de famille vous tient à cœur, si vous avez un arbre dans une haie dont personne ne connaît le nom mais dont les pommes sont bonnes, c'est en été qu'on prend le greffon, pas en hiver. Apportez-nous un rameau de l'année, on regarde ce qu'on peut en faire.

Les cerisiers et les pruniers, eux, se taillent après récolte plutôt qu'en hiver. Les plaies cicatrisent mieux, et les maladies du bois passent beaucoup moins.

Un jardin de résidence secondaire en été

Beaucoup de jardins de Puisaye appartiennent à des gens qui viennent de Paris une fois tous les quinze jours. Un jardin d'été sans arrosage automatique n'est pas impossible, il se compose autrement : des vivaces et des graminées installées depuis deux ans, des aromatiques méditerranéennes sur butte drainée, des arbustes plutôt que des annuelles, et du paillage sur toute la surface. Ce qui tue ces jardins-là, ce sont les massifs de plantes fraîches achetés en avril, plantés le week-end de Pâques et laissés seuls au mois d'août.

Venez voir les vivaces en fleur

C'est la saison la plus tranquille à la pépinière, et c'est justement pour ça qu'elle est bonne pour choisir. Les vivaces sont en fleur, les graminées ont leur volume, et une haie champêtre au mois d'août ne ressemble pas du tout à une photo de catalogue prise en mai. Vous voyez ce que vous achetez.

C'est aussi le bon moment pour repérer les fruitiers que nous arracherons pour vous à partir de novembre et pour les réserver avant que la saison ne démarre. Nous sommes ouverts du mercredi au samedi, et nous décalons parfois les horaires quand la chaleur s'installe. Un coup de téléphone avant de faire la route ne coûte rien.

Ce dont il est question

Les plantes

Fleurs roses d'origan en corymbes lâches au-dessus du feuillage

Origan

Origanum vulgare

4,00 €

Les familles

Si vous préférez qu'on s'en charge

Jardinier en bonnet orange travaillant à la pioche sur un talus couvert de toile de paillage, arbres nus en hiver

Entretien et taille

Nous entretenons des jardins à l'année et nous taillons ce que les autres n'osent plus toucher : les vieux fruitiers laissés vingt ans sans une coupe, les haies devenues des murs, les arbustes rabattus au carré chaque printemps jusqu'à l'épuisement.

Façade d'une maison de maître aux volets clairs, entièrement couverte de vigne vierge et de rosiers grimpants, devant une pelouse ombragée

Résidences secondaires

La Puisaye compte beaucoup de maisons occupées quelques semaines par an. Nous entretenons ces jardins entre deux séjours, et nous les replantons quand ce qui s'y trouve ne supporte pas l'absence.

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Prairie fleurie fauchée en courbes autour d'un bassin de nage et d'un petit pavillon, en lisière de bois

Attirer la biodiversité

Une cliente est revenue un mois de juin nous dire qu'elle avait des mésanges dans la haie plantée trois hivers plus tôt, et qu'elle n'avait rien fait pour ça. C'est exactement ce qui se passe. On ne fait pas venir les oiseaux avec une mangeoire ; on installe les conditions, on attend deux ou trois saisons, et un matin ils sont là.

Patio clos de palissades en bois planté d'érables du Japon aux feuillages orangés, de graminées et de dalles de pierre

automne

Au jardin en automne

Le calendrier place le début de l'année en janvier. Le jardin le place en septembre. C'est là qu'on récolte ce qui se garde jusqu'en février, qu'on décide des emplacements pendant qu'on voit encore où l'ombre tombe, et que s'ouvre la seule fenêtre de l'année pour planter des arbres.

Givre blanc déposé sur un feuillage de conifère

hiver

Le gel et la rusticité

En 2021, une nuit de la mi-avril a grillé la floraison de la moitié des pommiers du secteur. Il n'y a pas eu de pommes cette année-là, et les mêmes arbres avaient traversé le mois de janvier sans qu'on s'inquiète une seconde pour eux. Toute la question du gel chez nous tient dans cet écart.

On en reparle sur place

Apportez vos questions, on a les plants sous la main et le temps d'y répondre.

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