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Jardin de Bohème, pépinière

Pailler un potager, un verger ou une haie

Il y a une allée à la pépinière qu'on ne paille pas, entre deux rangs qui le sont depuis trois ans. Au mois d'août, l'allée est grise et fendue, on y planterait un piquet au marteau. Dans le rang d'à côté, on écarte le broyat à la main et la terre est fraîche, souple, pleine de galeries. C'est le même sol, à quatre-vingts centimètres de distance.

Jeune massif de conifères nains et de vivaces argentées paillé de copeaux de bois, nichoir sur pied et saules nus en arrière-plan

À quoi sert un paillage

Dans un bois, un sol nu ne dure jamais plus d'une saison. Quelque chose finit toujours par le recouvrir. Un paillage ne fait rien d'autre que d'accélérer ça.

Il ralentit l'évaporation, ce qui divise franchement les arrosages d'un massif ou d'un potager en juillet. Il coupe la lumière aux graines d'adventices, qui restent en dormance au lieu de lever. Il amortit la pluie : sur une terre argileuse nue, une grosse averse tape la surface et la referme, et c'est comme ça qu'on obtient cette croûte grise qu'on retrouve au printemps. Et en se décomposant, il nourrit les vers de terre, qui creusent à votre place.

Il tempère aussi, ce dont on parle moins. Sous un paillage, le sol reste plus frais en août et gèle moins profond en janvier, ce qui compte pour les racines superficielles d'une plantation de l'automne précédent.

Quel paillage choisir : tonte, feuilles, broyat, paille

Le meilleur paillage est celui qui est déjà chez vous.

La tonte de gazon ne coûte rien et arrive toutes les semaines. Il faut la faire sécher un jour ou deux et l'étaler en couches fines de deux ou trois centimètres, renouvelées à mesure. Posée fraîche et épaisse, elle fermente, chauffe, forme une croûte imperméable et sent mauvais pendant quinze jours. Bien employée, elle se décompose vite et enrichit beaucoup. Elle va au potager, au pied des framboisiers remontants, et dans les massifs de vivaces.

Les feuilles mortes sont la ressource de l'automne et elles conviennent presque partout, au pied des haies, dans le verger, sur les vivaces. Celles de chêne et de châtaignier se décomposent lentement, ce qui est un avantage sous une haie qu'on ne veut plus toucher. Sur un massif d'hostas, elles font exactement ce qu'il faut : elles gardent le sol frais et elles gênent les limaces moins qu'un paillage humide. Évitez la couche épaisse et compacte sur un potager, où elles se collent en plaques.

Le broyat de branches est le plus durable et le plus intéressant pour tout ce qui est ligneux. Il tient une à deux années et construit un humus de sous-bois au pied d'un fruitier. Après une taille d'hiver, il n'y a aucune raison de sortir les branches du jardin : elles finissent au pied des arbres dont elles viennent.

La paille est le classique du potager, propre et efficace, avec deux réserves. Elle héberge les limaces les premières semaines, et elle apporte parfois des graines de céréales qui lèvent au printemps. Cherchez de la paille de l'année, non traitée.

Les copeaux et écorces du commerce durent longtemps et font propre, mais ils apportent peu et immobilisent de l'azote en surface le temps de se décomposer. Ils vont dans les massifs d'arbustes, pas sur des semis ni sur des légumes.

Le carton brun non imprimé, posé au sol et recouvert de matière, reste imbattable pour ouvrir une planche sur une prairie ou pour venir à bout d'un chiendent installé. Retirez les adhésifs et les agrafes, on les retrouve toujours.

Le paillage minéral a un usage précis chez nous : le pied des aromatiques méditerranéennes, et celui des vivaces qui craignent l'humidité hivernale au collet, comme le nepeta ou le stipa cheveux d'ange. Un thym, un romarin, une lavande, une sauge demandent un collet sec en hiver, et un paillage organique humide contre le pied leur fait plus de mal que le froid. Quelques poignées de gravier ou de pouzzolane, et elles passent l'hiver.

Quelle épaisseur de paillage, et quand le poser

Cinq à sept centimètres pour un paillage fin comme la tonte ou les feuilles. Dix à quinze pour du broyat ou de la paille. En dessous, la lumière passe et les adventices lèvent quand même, et vous aurez fait le travail pour rien.

Le moment compte autant. On paille une terre déjà humide et déjà réchauffée, donc plutôt en avril ou en mai au potager, et à la plantation pour un arbre, quelle que soit la saison. Un paillage posé en février sur une terre froide la maintient froide et retarde les semis de trois semaines. Un paillage posé en plein mois de juillet sur une terre sèche enferme la sécheresse dessous : la pluie du mois d'août ne descendra pas.

Ne pas pailler contre le tronc

Ne paillez jamais contre un tronc. La matière humide en contact permanent avec l'écorce la fait pourrir au collet, et c'est une des causes de mortalité les plus banales chez les jeunes arbres. On voit régulièrement des sujets de quatre ans avec un beau cône de broyat monté autour du tronc, à la mode des massifs de rond-point, et l'écorce est molle dessous. Dégagez un cercle d'une largeur de main autour du pied.

Ne paillez pas des vivaces installées en espérant les étouffer. Un chiendent, un liseron ou un chardon traversent quinze centimètres de broyat sans ralentir. Passez le carton d'abord.

Ne paillez pas un semis en ligne avant la levée, les plantules ne sortiront pas. On couvre entre les rangs, puis sur le rang quand les plants tiennent debout.

Et laissez la bâche plastique où elle est. Elle bloque les échanges, elle stérilise la surface, et on en retrouve des lambeaux dix ans après dans la terre, à chaque coup de bêche.

Le paillage dans une terre argilo-calcaire

L'intérêt est double chez nous, et il joue aux deux extrémités de l'année. En hiver, la pluie qui tombe sur une argile nue la referme en surface et forme cette croûte qu'aucun outil ne rattrape vraiment au printemps ; un paillage l'évite. En été, la même terre se fend, se durcit et devient impossible à travailler, alors qu'un sol couvert reste souple sous la main.

Sur un massif de géraniums vivaces et de molinies installé depuis trois ans, on ne paille pratiquement plus : le feuillage couvre le sol tout seul de mai à octobre, et c'est vers là qu'il faut tendre.

Il faut deux ou trois saisons de paillage successif pour voir la différence franchement, et elle est nette au bout de cinq. Une terre couverte sans interruption ne se bêche plus. C'est le genre de résultat qui ne se photographie pas et qui se sent tout de suite quand on met les doigts dedans.

Venez gratter avec nous

Le plus simple, si vous hésitez encore, c'est de venir écarter le broyat avec nous dans un rang paillé depuis trois ans, et de faire la même chose deux pas plus loin dans l'allée. Ça règle la question en trente secondes. On vous dira ce qui convient à votre situation selon que vous ayez un potager, un verger à installer ou cent mètres de haie à couvrir, et quelles vivaces couvre-sol peuvent finir par prendre le relais du paillage pour de bon. Nous sommes ouverts du mercredi au samedi. Si l'entretien d'un grand jardin vous dépasse, nous passons voir et nous établissons un devis.

Ce dont il est question

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Jeunes feuilles de hosta bleutées et gaufrées, déroulées en rosette

Hosta

Hosta spp.

7,00 €

Les familles

Si vous préférez qu'on s'en charge

Massif de vivaces et d'aromatiques bordé de bois flotté, entre une allée de gravier clair et une terrasse en bois adossée à une maison au bardage gris

Création de jardin

Nous créons des jardins dans un rayon d'une heure de route autour de La Ferté-Loupière. Le dessin, les végétaux et la plantation viennent de la même maison, et le plan que vous recevez est fait avec ce qui pousse dans nos rangs.

Jardinier en bonnet orange travaillant à la pioche sur un talus couvert de toile de paillage, arbres nus en hiver

Entretien et taille

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On en reparle sur place

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