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Jardin de Bohème, pépinière

LA PÉPINIÈRE

Faire un jardin de maison de campagne en Puisaye

Vous venez d'acheter en Puisaye, ou la maison est dans la famille depuis longtemps, et le terrain autour attend. Voici ce que cette terre-là permet, ce qu'elle refuse, et par quoi commencer quand on n'est là qu'un week-end sur deux.

Prairie fleurie fauchée en courbes autour d'un bassin de nage et d'un petit pavillon, en lisière de bois

Ce qu'on trouve en arrivant dans le jardin

À peu de chose près, c'est le même dans neuf jardins sur dix. Une grande pelouse tondue au ras par les précédents propriétaires, deux ou trois thuyas plantés en 1985 devant la fenêtre de la cuisine, un lilas contre le mur, et un fond de terrain où l'herbe reste jaune et spongieuse jusqu'aux beaux jours. Souvent un vieux pommier sous les ronces, qui donne encore une année sur deux.

Ce fond détrempé se traite comme une donnée du terrain. On y met des saules, des viornes obier, des cornouillers sanguins, tout ce qui accepte d'avoir les pieds dans l'eau six semaines par an.

L'argile colle aux bottes en février et se fend en août

La Puisaye repose sur des argiles épaisses, celles des tuileries et des potiers de Saint-Amand. Dans un jardin, cette terre est lourde, froide au printemps, gorgée d'eau en hiver, et fendue à s'y coincer une cheville au mois d'août. Il y a quelques semaines par an pour la travailler, et le reste du temps elle se venge : une bêche passée sur de l'humide fait des mottes qui sèchent en cailloux.

Cela commande deux gestes à la plantation. On ouvre large plutôt que profond, parce qu'un trou bien creusé aux parois lissées fait baignoire, et l'arbre s'y noie au deuxième printemps sans un bruit. Et on plante haut, collet au-dessus du niveau du sol.

Les essences qui tiennent cette terre sont celles du bocage d'ici : charme, chêne, noisetier, aubépine, prunellier, sureau. Un rhododendron, un camélia ou un olivier n'ont rien à faire dans un jardin poyaudin, et le troisième hiver s'en charge.

Par quoi commencer la première année

Quand on n'est là qu'un week-end sur deux, l'ordre compte plus que l'ambition. La première saison, on plante ce qui n'a besoin de personne : la haie, les arbres, les arbustes, tout ce qui se met en terre à racines nues entre novembre et mars et qui s'enracine pendant que vous êtes rentré chez vous. Un paillage épais par-dessus, et l'affaire est faite jusqu'au printemps.

Le potager, les massifs de vivaces et tout ce qui réclame de l'arrosage la première année se gardent pour l'année d'après, quand vous saurez où il fait chaud, où le vent passe et où l'on a envie de s'asseoir. Beaucoup de gens commencent par le potager et l'abandonnent au bout de deux étés.

Trois semaines sans personne, en juillet

C'est l'épreuve du jardin de campagne, et elle se prépare à la plantation. Passent l'épreuve : un sol couvert en permanence, au paillage ou par des vivaces qui s'étalent, des arbustes qui n'ont pas besoin d'être taillés chaque année, des fruitiers sur porte-greffes vigoureux qui vont chercher l'eau tout seuls une fois installés. Le reste repart en godet l'année suivante, et vous l'aurez arrosé pour rien.

Pour la tonte et la remise en ordre entre deux séjours, nous passons régulièrement dans les jardins de maisons de campagne du secteur, avec quelques photos après chaque intervention. Quand les vieux fruitiers ou une haie devenue un mur demandent d'être repris, cela relève de l'entretien et de la taille.

La haie, les arbres et les fruitiers, dans cet ordre

Rarement un massif. Une haie champêtre qui borne le terrain et casse le vent d'ouest, deux ou trois arbres bien placés qui donneront de l'ombre à la table dans dix ans, quelques fruitiers qui rappellent le pré-verger qu'il y avait là avant, et de quoi cueillir en passant. Un pommier de variété locale, un cassis contre le mur nord, un noisetier au coin du terrain. C'est peu de chose et cela change tout, parce que le terrain cesse d'être une pelouse à tondre.

Venez avec les mesures de votre terrain

La pépinière est ouverte du mercredi au samedi, à La Ferté-Loupière, à quelques minutes de Charny, vingt de Toucy, une demi-heure de Saint-Fargeau et de Saint-Sauveur. Apportez la longueur de ce que vous voulez border, une photo prise depuis la maison, et dites-nous où l'eau reste en février. On part de là, et la conversation vaut mieux qu'une liste de noms latins.