Où nous intervenons
La Puisaye, ses terres lourdes, son bocage et ses maisons de campagne
Nous sommes installés aux portes de la Puisaye et nous y travaillons depuis le début : Charny, Toucy, Saint-Fargeau, Saint-Sauveur et les villages autour. C'est le territoire dont nos plants connaissent le mieux le sol, puisque c'est celui où ils poussent.
Planter dans l'argile sans noyer l'arbre
Une plantation ratée en Puisaye est presque toujours une plantation noyée. Le trou creusé bien profond dans l'argile, aux parois lissées par la bêche, fait baignoire. L'eau y entre en novembre et n'en sort plus avant mars. Les racines pourrissent dans le noir, l'arbre débourre quand même au printemps avec ses réserves, puis sèche en juin sans que personne ait rien vu venir. Neuf échecs sur dix dans ce coin viennent de là, et non de la sécheresse.
Nous plantons donc haut, sur une légère butte quand il le faut, avec un fond de trou décompacté à la fourche au lieu d'être lissé, et le collet toujours au-dessus du niveau du sol.
La terre de Puisaye, et le peu de temps pour la travailler
S'il y a des centaines d'étangs dans ce pays, c'est parce qu'une terre qui ne laisse pas passer l'eau retient tout ce qu'on y creuse. Dans un jardin, elle est lourde, froide au printemps, et la fenêtre pour la travailler tient en quelques semaines par an. Passez la bêche en dehors de cette fenêtre et vous fabriquez des mottes que deux ans de gel ne suffisent pas à défaire.
Le bocage tient tout seul depuis des siècles
Le paysage poyaudin est fait de petites parcelles bordées de haies, d'étangs et de bois. Le maillage est resté vivant par endroits, il s'est effacé ailleurs avec le remembrement. Replanter une haie ici remet en place quelque chose qui manquait, et cela s'entend sur les oiseaux dès la deuxième année.
Les essences qui encaissent cette argile sont celles des chemins creux : charme, aubépine, prunellier, noisetier, sureau. Un talus de bord de route en dit plus qu'un catalogue sur ce qui se plante ici.
Les vieux arbres sont encore là
La Puisaye avait une tradition fruitière, et beaucoup de pré-vergers de ferme n'ont jamais été arrachés. Des pommiers énormes, le centre bouché, les branches basses cassées, qui donnent toujours. Nous en reprenons chaque hiver, sur plusieurs saisons, et nous greffons certaines de ces variétés à la pépinière pour qu'elles ne disparaissent pas avec l'arbre.
Des jardins qui doivent tenir sans personne
Beaucoup de maisons du secteur ne sont occupées que quelques semaines par an. Leur jardin doit traverser trois semaines de juillet sans arrosage et faire bonne figure quand les volets s'ouvrent. Cela se décide au moment du plan et se complète par des passages réguliers en votre absence.
Nos parcelles sont sur cette terre-là
Les plants que nous vous livrons ont poussé dans la même argile, ont pris les mêmes gelées tardives et les mêmes hivers humides que ceux qui les attendent chez vous. Un plant élevé en sol sableux sous un climat plus doux, livré ici en février, passe sa première année à ne pas comprendre où il est tombé.
Venir ou nous faire venir
La pépinière est ouverte du mercredi au samedi, à quelques minutes de Charny et à une vingtaine de Toucy. Pour un projet, nous venons sur place mesurer et sonder le sol avant de chiffrer quoi que ce soit.
Un chantier près de chez vous
À compléter par un chantier poyaudin identifiable. La preuve la plus utile serait une haie bocagère replantée et photographiée après deux hivers humides, avec la commune, le linéaire, les essences et la date. Une photo prise le jour de la plantation, qui laisse voir l'argile collée aux bottes, vaut autant que la photo du résultat.
Sur ces terres
Ce qui tient ici
Ce sont les essences des chemins creux poyaudins, et l'argile lourde qui asphyxie tant d'autres plantes ne les gêne pas. Le charme et l'aubépine y font une haie dense sans qu'on les arrose jamais, le prunellier et le noisetier drageonnent et referment les trous tout seuls, le sureau et la viorne obier acceptent même les fonds où l'eau stagne six semaines par an. Un thym ou un romarin, à l'inverse, pourrissent ici en un hiver : ces plantes-là sont pour les plateaux calcaires, pas pour la Puisaye. Le pommier Jubilé complète la sélection, parce que la tradition fruitière du pays mérite mieux qu'une variété de supermarché.