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Jardin de Bohème, pépinière

en automne

Composer une haie champêtre : essences, proportions, distances

Le réflexe, quand on a soixante mètres de limite à couvrir, c'est de chercher l'espèce qui pousse le plus vite et de l'aligner. Vingt ans plus tard, ça donne les haies de thuyas qu'on voit sécher par plaques dans tout le département, et qui ne repartent jamais du vieux bois. Une haie champêtre se monte autrement, et elle demande une conversation avant d'être commandée.

Jeune haie fraîchement plantée le long d'une allée bétonnée, arbustes encore nus en automne face à une grande pelouse

À quoi doit servir la haie

Une haie sert rarement à une seule chose, et elle a presque toujours une raison principale qui décide de tout le reste.

Cacher un vis-à-vis suppose du persistant ou du marcescent, ces essences qui gardent leurs feuilles sèches tout l'hiver, et une hauteur tenue. Couper le vent suppose l'inverse : une haie qui laisse passer un peu d'air. Un mur végétal parfaitement étanche crée des turbulences violentes juste derrière lui, alors qu'une haie semi-perméable freine le vent sur une distance de dix à quinze fois sa hauteur. C'est le point qui surprend le plus les gens venus chercher une barrière. Nourrir les oiseaux suppose des essences à baies. Récolter suppose des arbustes à fruits qu'on peut manger.

Notez aussi la hauteur que vous accepterez de tailler dans quinze ans, à l'échelle, en janvier. Et la largeur dont vous disposez : une haie champêtre libre demande deux à trois mètres. Sur un mètre, il faudra passer le taille-haie.

Quelles essences pour une haie champêtre en Puisaye

La règle qui commande tout le reste : prenez ce qui pousse spontanément autour de chez vous. Faites cinq cents mètres à pied sur un chemin creux de Puisaye et regardez ce qu'il y a dans les talus. Ces essences-là encaissent les argiles calcaires, elles passent nos hivers, elles nourrissent une faune qui les reconnaît, et elles se trouvent en plants à racines nues pour une somme raisonnable.

Pour la structure, celle qui tient la haie et qui monte : charme commun, érable champêtre, noisetier, cornouiller sanguin, troène commun et viorne obier. Le charme est marcescent, il garde ses feuilles rousses jusqu'en mars, ce qui en fait le meilleur brise-vue d'hiver de la région. Le troène commun, qui n'a rien à voir avec les troènes de haie taillée, fleurit blanc en juin et sent fort le soir.

Pour les défensives, quand la haie doit aussi arrêter quelque chose ou quelqu'un : aubépine, prunellier, églantier. L'églantier donne en plus les cynorhodons de novembre, que les merles vident en janvier. Elles fleurissent tôt et abondamment, et les oiseaux y nichent plus volontiers que partout ailleurs, justement à cause des épines. L'aubépine est soumise à une réglementation sanitaire liée au feu bactérien, et elle n'est pas disponible partout ni toutes les années : demandez avant de la compter dans votre plan.

Pour les nourricières, celles qui vous concernent aussi : sureau noir, dont on fait les fleurs en beignets et les baies en sirop, noisetier, cornouiller mâle, groseillier, cassissier, framboisier en lisière, et le prunellier dont on ramasse les prunelles après les premières gelées.

Pour les fleuries, si la haie se voit depuis la cuisine : lilas, seringat, weigela, spirée, et le cornouiller mâle qui allume ses fleurs jaunes dès février, avant tout le monde.

Le thuya, le laurier-palme et le buis

Le thuya et le cyprès de Leyland. Ils ne nourrissent rien, ils sèchent par plaques dès qu'un été appuie, et une branche coupée sur du vieux bois ne repart jamais : le trou reste. Le laurier-palme ensuite, qui se ressème dans les bois alentour par les oiseaux et qui commence à poser un vrai problème dans les sous-bois du secteur. Le buis enfin, que la pyrale ravage depuis des années et qu'on ne peut plus conseiller de bonne foi.

Combien d'essences, et dans quel ordre les mettre

Cinq ou six espèces différentes au minimum sur trente mètres, sept ou huit si vous en avez cent. Une haie d'une seule essence tombe malade en entier et se remplace en entier ; une haie diversifiée perd un sujet et continue.

Ne plantez pas en alternance régulière, une espèce après l'autre. Le motif se voit à dix mètres et le résultat fait catalogue de vente par correspondance. Travaillez par groupes de trois à cinq plants de la même espèce, répétés le long du linéaire, avec des groupes de tailles inégales. C'est comme ça qu'une haie s'installe quand personne ne la plante, et ça donne des masses lisibles au lieu d'un damier.

Pensez aussi aux grimpantes, qu'on oublie toujours. Un houblon lancé dans un noisetier monte de cinq mètres dans la saison et redescend en novembre, et les chatons du noisetier nourrissent les abeilles dès février.

Placez les essences hautes au centre ou au fond, les basses en bordure, et gardez les nourricières près de la maison plutôt qu'au bout de la parcelle. Un cassissier planté à soixante mètres du portail n'est jamais récolté.

À quelle distance planter, et combien de plants au mètre

Sur une haie champêtre simple, un plant tous les quatre-vingts centimètres à un mètre. Sur une haie double, on plante en quinconce sur deux rangs distants de cinquante centimètres, ce qui donne environ deux plants au mètre linéaire et une haie opaque nettement plus vite.

Et regardez le Code civil avant de tendre le cordeau. Cinquante centimètres de recul pour une haie qui restera sous deux mètres de haut, deux mètres pour une haie plus haute, la distance se mesurant au milieu du tronc. Un plan local d'urbanisme ou un usage local peuvent imposer davantage. Une haie plantée trop près finit devant le tribunal ou à la tronçonneuse, et on a déjà vu des gens arracher quinze ans de croissance pour cette raison.

Prévoyez enfin la largeur adulte. Un noisetier fait quatre mètres de large, un érable champêtre davantage. Sur une bordure étroite, tenez-vous aux essences qui supportent d'être taillées court.

Quand planter une haie

Comme les fruitiers. C'est ce qui rend une haie champêtre abordable : un plant racines nues de soixante à quatre-vingts centimètres coûte une fraction du prix du même sujet en conteneur, et il reprend mieux. Sur cent mètres, l'écart n'est plus une nuance.

Préparez le sol à l'automne, sur une bande d'au moins un mètre de large, décompactée et débarrassée du gazon. Plantez, arrosez, puis paillez la bande entière sur dix à quinze centimètres. Sans paillage, l'herbe reprend la bande en un printemps et concurrence les jeunes plants sur l'eau : ça coûte deux ans de croissance.

Faut-il recéper une haie après la plantation

On rabat les plants à vingt ou trente centimètres du sol le premier ou le deuxième hiver après la plantation. Personne n'a envie de sectionner ce qu'il vient d'acheter, et c'est pourtant ce qui fait partir plusieurs brins de la souche. Une haie jamais recépée, à cinq ans, c'est un alignement de perches avec du feuillage en haut et de la lumière en dessous.

Ensuite, taillez en hiver, avant la mi-mars, jamais au printemps : les nichées sont dedans à partir d'avril. Une haie libre se contente d'un passage tous les deux ou trois ans.

Venez avec la longueur de votre linéaire

Nous produisons nos arbustes de haie ici, disponibles à racines nues de novembre à mars, choisis parmi ce qui pousse naturellement dans le coin. Passez avec la longueur à planter, l'exposition, la largeur dont vous disposez et l'usage que vous en attendez. On vous fera une composition, avec les proportions, l'ordre des groupes et le nombre de plants au mètre, plutôt qu'une liste d'espèces recopiée. Nous sommes ouverts du mercredi au samedi. Pour une haie entière, préparation du sol comprise, nous nous déplaçons dans un rayon d'une heure autour de La Ferté-Loupière et nous établissons un devis.

Ce dont il est question

Les plantes

Les familles

Si vous préférez qu'on s'en charge

Massif d'arbustes au feuillage argenté et de graminées en touffes, au bord d'une terrasse en dalles claires

Conseil et plan de plantation

Nous proposons des visites-conseils sur site et un accompagnement personnalisé pour le choix des végétaux. C'est la prestation de ceux qui veulent planter de leurs mains, mais pas au hasard.

Jeune haie fraîchement plantée le long d'une allée bétonnée, arbustes encore nus en automne face à une grande pelouse

Plantation de haie

Nous composons et plantons des haies champêtres, bocagères, fleuries ou comestibles, sur quinze mètres de clôture comme sur trois cents mètres de parcelle. Les plants sortent de notre production, ou de pépiniéristes dont nous avons vu les rangs.

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Connaître son sol

Apportez-nous un bocal de terre prise à vingt centimètres, et dites-nous où l'eau stagne chez vous en janvier. Avec ces deux renseignements, on sait déjà ce qui tiendra chez vous et ce qui n'a aucune chance. Une terre élimine d'elle-même une grande partie du catalogue, avant qu'on ait parlé de couleur de fleur.

Rangées de jeunes scions de pommiers en cours de débourrement sur un terrain fraîchement travaillé, à contre-jour

hiver

Planter à racines nues

De novembre à mars, on arrache. À la fourche, le matin, dans les rangs derrière la serre. L'après-midi, les plants repartent dans des coffres de voiture et se retrouvent en terre le week-end suivant. Un arbre vendu sans pot surprend toujours la première fois : ça ressemble à un bâton avec des cheveux au bout. C'est pourtant ce qui reprend le mieux.

Jardin couvert de givre au petit matin, allée menant à un pavillon

hiver

Au jardin en hiver

Les gens qui passent à la pépinière en janvier trouvent souvent qu'elle a l'air triste, et repartent avec cinq pommiers. C'est la saison où l'on voit le mieux ce qu'on achète : un arbre sans feuilles montre sa charpente, son porte-greffe et ses bourgeons à fruit. Dehors, la terre est libre, et presque tout ce qui se plante se plante maintenant.

On en reparle sur place

Apportez vos questions, on a les plants sous la main et le temps d'y répondre.

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