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Jardin de Bohème, pépinière

en hiver

L'hiver est la saison où l'on voit la charpente des arbres

Les gens qui passent à la pépinière en janvier trouvent souvent qu'elle a l'air triste, et repartent avec cinq pommiers. C'est la saison où l'on voit le mieux ce qu'on achète : un arbre sans feuilles montre sa charpente, son porte-greffe et ses bourgeons à fruit. Dehors, la terre est libre, et presque tout ce qui se plante se plante maintenant.

Jardin couvert de givre au petit matin, allée menant à un pavillon

Que planter au jardin en hiver

Entre novembre et mars, hors gel et hors terre détrempée, tout ce qui se vend à racines nues se plante : pommiers, poiriers, pruniers, cerisiers, groseilliers, cassissiers, framboisiers, et l'intégralité des arbustes d'une haie champêtre. Un arbre mis en terre maintenant aura quatre mois d'avance sur le même arbre planté en avril, et l'écart se voit encore au bout de trois ans.

Les petits fruits méritent une mention à part. Un cassissier planté en décembre donne déjà quelque chose l'été suivant, ce qui n'arrive avec aucun fruitier de plein vent. Si vous démarrez un jardin de zéro et que vous voulez récolter avant d'avoir déménagé, commencez par eux.

Les bulbes de printemps, eux, sont en retard : ils auraient dû être en terre en octobre. Si vous en avez oublié un sachet dans le garage, plantez-les quand même en janvier. Ils fleuriront plus tard et un peu moins fort, ce qui vaut mieux que le sachet retrouvé l'année d'après.

Quand tailler les fruitiers

La taille d'hiver se fait sur bois sec, entre la chute des feuilles et le gonflement des bourgeons, donc de décembre à début mars chez nous. On évite les journées de gel : le bois est cassant, les plaies cicatrisent mal, et le sécateur écrase au lieu de couper. Attendez le dégel, ça ne coûte que trois jours.

Sur un jeune pommier, un Jolibois de Gurgy par exemple, la taille de formation dessine la charpente pour trente ans. C'est le seul moment où vos décisions comptent vraiment, et c'est aussi celui où on ose le moins. Sur un arbre déjà formé, on cherche à faire entrer la lumière au centre : bois mort, bois malade, branches qui se croisent et frottent, gourmands verticaux qui montent droit sans jamais donner de fruit. Reculez de dix mètres régulièrement et regardez l'arbre entier. On taille mieux en marchant qu'en comptant les coupes.

Les cerisiers et les pruniers, qui gomment et se contaminent facilement, échappent à la règle : ils se taillent après récolte, en fin d'été. Les arbustes qui fleurissent au printemps sur le bois de l'année précédente, les lilas, les forsythias et la spirée, se taillent après leur floraison. Les tailler en février revient à supprimer les fleurs de mars, et c'est une déception qu'on entend chaque année au mois d'avril.

Les grimpantes, en revanche, se taillent maintenant. Une glycine se rabat en janvier sur deux ou trois yeux des coursons de l'année, sans quoi elle fait du bois et pas de fleurs. Une vigne vierge se raccourcit avant qu'elle ne reparte, surtout si elle commence à passer sous les tuiles.

Quand tailler une haie champêtre

Une haie champêtre se taille en hiver, oui, et de préférence avant la mi-mars. La raison n'est pas horticole. La nidification s'ouvre au printemps, et couper une haie en avril ou en mai détruit les nichées qui sont dedans, ce qu'on ne voit pas depuis le siège d'un tracteur. C'est aussi ce que recommandent les chartes d'entretien des haies dans la région.

Sur une haie jeune, un recépage bas les deux premiers hivers fait partir la souche en plusieurs brins et donne une haie dense en bas. Tout le monde hésite à couper ce qu'il vient de planter, et c'est pourtant exactement ce qui fait la différence à cinq ans entre une haie garnie et un alignement de perches dégarnies avec du jour en dessous.

Que faire du sol pendant l'hiver

Ne le laissez pas nu. Une terre argilo-calcaire nue sous les pluies d'hiver se tasse, se referme, et forme cette croûte battante qu'on retrouve en mars. Couvrez avec ce qui traîne : feuilles ramassées sous les arbres, tonte séchée, broyat de taille, paille, carton brun non imprimé. Les vers de terre feront le travail que vous ne ferez pas.

Et ne bêchez pas. Retourner une terre lourde en hiver a longtemps été le rite du bon jardinier, et on sait maintenant que ça détruit la vie du sol et remonte des graines d'adventices qui dormaient très bien. Si la terre est vraiment compactée, passez une grelinette quand elle est ressuyée, puis couvrez.

L'hiver est aussi la bonne période pour épandre un compost mûr en surface, sans l'enfouir, au pied des fruitiers et des massifs. Il sera descendu tout seul au printemps, emporté par les vers.

Ce qu'on laisse en place jusqu'en mars

Beaucoup de choses, et c'est la partie difficile pour les gens ordonnés.

L'hellébore, qui ouvre ses fleurs en janvier sous la neige, se contente qu'on lui retire ses vieilles feuilles à la main avant la floraison.

Les tiges sèches des vivaces et des graminées abritent des insectes tout l'hiver, et elles tiennent le givre mieux que n'importe quel massif nettoyé. On les rabat en mars, pas en novembre. Un tas de bois mort dans un coin, un carré d'orties, un vieux mur non rejointoyé : c'est là que passent l'hiver les hérissons, les coccinelles et les abeilles solitaires qui travailleront pour vous dès le mois d'avril.

Les feuilles mortes du gazon peuvent aller au pied des haies plutôt qu'à la déchetterie. Une exception, et une seule : ramassez et sortez du verger les feuilles et les fruits momifiés d'un arbre qui a eu la tavelure ou la moniliose, sinon vous réensemencez proprement la maladie pour l'année suivante.

Protéger les pots et les jeunes plantations

Nos hivers sont francs et rarement extrêmes. Ce qui souffre ici, ce sont les plantes en pot, dont la motte gèle en entier alors qu'une terre de jardin ne gèle qu'en surface. Regroupez les pots contre un mur, calez-les sur une planche ou du polystyrène, entourez-les d'un voile, et arrêtez d'arroser.

Les jeunes plantations de l'automne méritent un tour après chaque épisode de gel-dégel. Le sol se soulève et laisse des plants avec les racines à moitié dehors ; un coup de talon suffit, encore faut-il aller voir.

Les fruitiers plantés en prairie ont un autre ennemi. Les chevreuils et les lièvres écorcent les jeunes troncs en février, quand il n'y a plus rien à brouter, et on peut perdre un arbre de trois ans en une nuit. Un manchon de protection posé le jour de la plantation coûte le prix d'un café.

La pépinière reste ouverte tout l'hiver

Du mercredi au samedi pendant toute la saison de plantation, avec une fermeture du 24 décembre au 6 janvier. C'est le moment de l'année où l'on peut vous montrer les choses sur le plant lui-même, le porte-greffe, les bourgeons à fruit, et l'endroit précis où passera votre premier coup de sécateur. Venez avec vos questions de taille et des photos de vos arbres, on les regarde volontiers. Et si le verger ou la haie vous dépassent, nous nous déplaçons et nous établissons un devis.

Ce dont il est question

Les plantes

Longues grappes mauves de glycine retombant en pleine floraison

Glycine

Wisteria sinensis

25,00 €

Les familles

Si vous préférez qu'on s'en charge

Rangées de jeunes scions de pommiers en cours de débourrement sur un terrain fraîchement travaillé, à contre-jour

Création de verger

Nous plantons des vergers de trente arbres comme des alignements de deux pommiers au fond d'un jardin. Les fruitiers que nous mettons en terre sont des variétés anciennes greffées à la pépinière, dont plusieurs sont nées dans l'Yonne.

Jardinier en bonnet orange travaillant à la pioche sur un talus couvert de toile de paillage, arbres nus en hiver

Entretien et taille

Nous entretenons des jardins à l'année et nous taillons ce que les autres n'osent plus toucher : les vieux fruitiers laissés vingt ans sans une coupe, les haies devenues des murs, les arbustes rabattus au carré chaque printemps jusqu'à l'épuisement.

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Deux jardiniers plantent un talus couvert de toile de paillage devant une maison à colombages

Réussir une plantation

Un arbre mal planté ne meurt pas tout de suite, et c'est bien le problème. Il végète deux ans, il fait des feuilles de plus en plus petites, et il sèche au quatrième été sans que personne ne fasse le lien avec cette heure de janvier où on a creusé un peu vite parce qu'il pleuvait.

Givre blanc déposé sur un feuillage de conifère

hiver

Le gel et la rusticité

En 2021, une nuit de la mi-avril a grillé la floraison de la moitié des pommiers du secteur. Il n'y a pas eu de pommes cette année-là, et les mêmes arbres avaient traversé le mois de janvier sans qu'on s'inquiète une seconde pour eux. Toute la question du gel chez nous tient dans cet écart.

Rangées de jeunes scions de pommiers en cours de débourrement sur un terrain fraîchement travaillé, à contre-jour

printemps

La pollinisation des fruitiers

Un pommier seul fleurit très bien. Il fait des fleurs blanches, les abeilles y travaillent trois jours, et en septembre il y a quatre pommes dessus. Le pollen d'un pommier ne féconde pas ses propres fleurs : il lui faut celui d'une autre variété, ouverte la même semaine, à portée de butineuse ! Pour une récolte fructueuse, pensez y !

On en reparle sur place

Apportez vos questions, on a les plants sous la main et le temps d'y répondre.

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