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Jardin de Bohème, pépinière

Reconnaître sa terre avant de choisir ses plantes

Apportez-nous un bocal de terre prise à vingt centimètres, et dites-nous où l'eau stagne chez vous en janvier. Avec ces deux renseignements, on sait déjà ce qui tiendra chez vous et ce qui n'a aucune chance. Une terre élimine d'elle-même une grande partie du catalogue, avant qu'on ait parlé de couleur de fleur.

Chantier d'aménagement en cours : terrasse en bois et pergola posées, jeunes plants en godets alignés sur la terre nue avant plantation

Comment reconnaître sa terre sans analyse de laboratoire

Ces tests ne demandent aucun matériel, et pour un jardin de particulier ils en apprennent plus qu'une analyse.

Prenez une poignée de terre à vingt centimètres de profondeur, pas en surface. Humidifiez-la légèrement et roulez-la entre les paumes. Si elle forme un boudin qu'on peut courber en anneau sans qu'il casse, c'est de l'argile, et vous saurez pourquoi vos bottes pèsent trois kilos en février. Si le boudin se forme mais se fend en le pliant, la terre est limono-argileuse. Si elle refuse de tenir et s'effrite, il y a du sable ou du limon. Frottez-la ensuite : le sable grince, le limon est savonneux.

Le vinaigre blanc versé sur une motte sèche règle la question du calcaire. Si ça mousse, votre terre est calcaire, et c'est le cas de presque tous les terrains du nord de l'Yonne. L'information ferme quelques portes une fois pour toutes, et elle vous évite d'acheter deux fois le même hortensia.

Le troisième test est le plus important et personne ne le fait. Creusez à la bêche un trou de trente centimètres, remplissez-le d'eau, et revenez le lendemain. S'il est encore plein, vous avez un problème de drainage, et ce problème comptera davantage que tout le reste. Faites-le en novembre, pas au mois d'août.

Les sols de Puisaye et du nord de l'Yonne

Le coin réunit plusieurs familles de sols, parfois sur la même commune, parfois sur la même parcelle.

Les plateaux et les coteaux portent des argilo-calcaires. Lourds, collants en hiver, durs comme de la pierre en août, nourrissants mais pénibles à travailler. Ils se réchauffent tard au printemps, ce qui fait qu'un semis de carottes de mars y lève trois semaines après le même semis fait dans une alluvion de fond de vallée. Leur pH est basique, ce qui exclut d'entrée les plantes de terre de bruyère. Un rhododendron ou une myrtille jaunissent le premier été et sont perdus le deuxième, quoi qu'on ajoute dans le trou. Un hortensia s'en sort, mais il vire au rose quoi qu'on fasse et il demande un arrosage suivi ; en bac, dans un substrat adapté, il tient bien mieux qu'en pleine terre chez nous.

La Puisaye ajoute ses argiles à silex et ses terres argilo-siliceuses, plus acides, plus humides encore. C'est le pays de la poterie de Saint-Amand et de la tuile, et ce n'est pas un hasard : cette argile-là, on en fait des objets qui tiennent au feu. Elle retient l'eau tout l'hiver et se fendille l'été à s'ouvrir de deux centimètres.

Les fonds de vallée, le long de l'Yonne et du Vrin, sont alluvionnaires. Plus souples, plus profonds, franchement plus agréables à bêcher, mais froids la nuit et parfois inondables. C'est là qu'on perd des tomates à la mi-mai quand tout le monde en a déjà sur le plateau.

Que planter dans une terre argilo-calcaire

La liste est plus longue qu'on ne l'imagine quand on vient de perdre un rhododendron.

Les pommiers et les poiriers, sur les bons porte-greffes, s'y comportent très bien : c'est un pays de vergers depuis longtemps. Toute la haie champêtre locale y est chez elle, puisqu'elle y pousse toute seule le long des chemins : l'aubépine monogyne en est la meilleure preuve, on la trouve dans tous les talus du secteur. Le groseillier à maquereau aime la fraîcheur que garde une terre argileuse en juin, et il supporte la mi-ombre mieux que les autres petits fruits. La sauge officinale, les vivaces de prairie et les graminées s'y plaisent, comme le rosier rugueux, qui pousse sur du calcaire sans jamais se plaindre.

Ce qui échoue, c'est tout ce qui réclame un sol acide, et tout ce qui réclame un drainage parfait en hiver. Un romarin, une lavande, un thym commun plantés à plat dans une argile de Puisaye ne meurent pas de froid. Ils meurent d'avoir eu les pieds dans l'eau de novembre à mars, et ils meurent en février, au moment où on les croyait tirés d'affaire. Les mêmes plantes tiennent parfaitement chez nous sur une butte, dans un talus, ou dans une terre allégée de gravier. La différence tient à trente centimètres de dénivelé.

Faut-il améliorer une terre argileuse ?

Pas avec du sable. C'est un conseil qui circule depuis des générations et qui donne, mêlé à l'argile, quelque chose qui se rapproche du béton. Pas non plus en la retournant tous les automnes.

Ce qui fonctionne est lent et gratuit : de la matière organique posée en surface, année après année. Compost mûr, fumier composté, broyat de haie, feuilles ramassées sous les arbres, tontes séchées. Les vers de terre montent chercher ça la nuit et creusent en redescendant les galeries que votre bêche ne fera jamais. Une terre traitée comme ça pendant quatre ou cinq ans change franchement de comportement, et on s'en aperçoit le jour où on plante un groseillier à la main sans sortir la bêche.

Le calcaire, lui, ne se corrige pas. On peut faire bouger un pH d'un demi-point sur un carré de potager, pas sur un jardin. Autant composer avec.

Ne pas remplir le trou de terreau

Creuser un beau trou profond aux parois nettes, le remplir de terreau acheté, et poser l'arbre là-dedans. Ça donne l'impression du travail bien fait, et ça fabrique un pot enterré. L'eau y arrive de partout et n'en sort pas, les racines tournent dans la poche confortable au lieu de partir chercher dans l'argile, et l'arbre s'asphyxie au troisième hiver.

Faites l'inverse. Large plutôt que profond, parois griffées à la fourche pour qu'elles cessent d'être des parois, fond cassé, et rebouchage avec la terre du trou, mêlée éventuellement d'un peu de compost. L'arbre doit trouver la même terre partout, sinon il reste où il est bien.

Apportez-nous un bocal de votre terre

Venez avec un peu de votre terre et dites-nous où ça flotte chez vous au mois de janvier. Avec ces deux renseignements, on sait déjà ce qui se plante à plat, ce qui demande une butte, et ce qu'il vaut mieux abandonner tout de suite.

Nos plants poussent ici, sur les mêmes argiles calcaires, en plein air. Ils n'ont jamais connu autre chose, et ils ne découvriront pas votre sol en arrivant. Nous sommes ouverts du mercredi au samedi. Pour un projet entier, nous venons voir le terrain avant de proposer quoi que ce soit : une heure sur place en octobre décide des vingt années qui suivent.

Ce dont il est question

Les plantes

Les familles

Si vous préférez qu'on s'en charge

Massif d'arbustes au feuillage argenté et de graminées en touffes, au bord d'une terrasse en dalles claires

Conseil et plan de plantation

Nous proposons des visites-conseils sur site et un accompagnement personnalisé pour le choix des végétaux. C'est la prestation de ceux qui veulent planter de leurs mains, mais pas au hasard.

Massif de vivaces et d'aromatiques bordé de bois flotté, entre une allée de gravier clair et une terrasse en bois adossée à une maison au bardage gris

Création de jardin

Nous créons des jardins dans un rayon d'une heure de route autour de La Ferté-Loupière. Le dessin, les végétaux et la plantation viennent de la même maison, et le plan que vous recevez est fait avec ce qui pousse dans nos rangs.

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Jeune haie fraîchement plantée le long d'une allée bétonnée, arbustes encore nus en automne face à une grande pelouse

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Choisir les arbres d'une haie

Le réflexe, quand on a soixante mètres de limite à couvrir, c'est de chercher l'espèce qui pousse le plus vite et de l'aligner. Vingt ans plus tard, ça donne les haies de thuyas qu'on voit sécher par plaques dans tout le département, et qui ne repartent jamais du vieux bois. Une haie champêtre se monte autrement, et elle demande une conversation avant d'être commandée.

Rangées de jeunes scions de pommiers en cours de débourrement sur un terrain fraîchement travaillé, à contre-jour

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La pollinisation des fruitiers

Un pommier seul fleurit très bien. Il fait des fleurs blanches, les abeilles y travaillent trois jours, et en septembre il y a quatre pommes dessus. Le pollen d'un pommier ne féconde pas ses propres fleurs : il lui faut celui d'une autre variété, ouverte la même semaine, à portée de butineuse ! Pour une récolte fructueuse, pensez y !

On en reparle sur place

Apportez vos questions, on a les plants sous la main et le temps d'y répondre.

  • 12 route de Joigny 89110 La Ferté-Loupière, à quinze minutes de Joigny
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