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Jardin de Bohème, pépinière

en automne

L'automne, la saison où l'on récolte et où l'on plante

Le calendrier place le début de l'année en janvier. Le jardin le place en septembre. C'est là qu'on récolte ce qui se garde jusqu'en février, qu'on décide des emplacements pendant qu'on voit encore où l'ombre tombe, et que s'ouvre la seule fenêtre de l'année pour planter des arbres.

Patio clos de palissades en bois planté d'érables du Japon aux feuillages orangés, de graminées et de dalles de pierre

Quand récolter les pommes, et comment les garder

Prenez le fruit dans la main, soulevez-le et tournez d'un quart de tour. S'il vient sans résistance, il est prêt. S'il faut tirer, laissez-le une semaine de plus. Ce geste vaut mieux que n'importe quelle date écrite dans un livre, parce que l'écart entre variétés se compte en mois.

Les variétés d'été se cueillent en août et se mangent dans la quinzaine, point. Les variétés d'automne se ramassent en septembre et en octobre. Et les variétés de garde, celles qui font tout l'intérêt des pommiers anciens, se cueillent en octobre alors qu'elles sont encore dures, acides et franchement mauvaises. Elles ne deviennent bonnes qu'après deux ou trois mois de cave. Une Reinette grise du Canada croquée en octobre n'a aucun goût et déçoit tout le monde ; la même en février est une autre pomme. C'est vrai aussi de la Gros Saulette, de l'Api étoilée qu'on garde jusqu'au printemps, et du poirier Passe-Crassane, qu'on cueille dur en octobre et qu'on mange à Noël. Chaque année, quelqu'un revient nous dire qu'il s'est trompé de variété, et il n'avait simplement pas attendu.

Pour les garder, il faut un local frais entre deux et huit degrés, humide, sombre et aéré. Les fruits se posent sans se toucher, queue en l'air, sur des clayettes. On ne stocke que des fruits sans blessure, cueillis à la main, jamais ramassés au sol. Et on passe une fois par mois retirer ceux qui tournent, parce qu'un fruit pourri en contamine dix autour de lui.

Les pommes tombées et les fruits marqués vont au jus, à la compote ou au séchage, dans la semaine. En revanche, ce qui reste par terre au verger se ramasse et se sort, avec les fruits momifiés restés accrochés dans les branches. Ce sont eux qui portent la moniliose jusqu'à l'année suivante, et c'est le travail d'automne le plus rentable qui existe.

Quand s'ouvre la saison de plantation

À partir de la chute des feuilles, en général dans la première quinzaine de novembre chez nous, tout change d'un coup. La terre est encore tiède, les pluies reviennent, les arbres passent en dormance. C'est le moment où nous commençons à arracher les fruitiers et les plants de haie à racines nues.

Un arbre planté maintenant fabrique des racines tout l'hiver et affronte son premier été avec quatre mois d'installation dans les jambes. Le dicton de la Sainte-Catherine, le 25 novembre, ne dit rien d'autre que ça.

Septembre et octobre servent à préparer. Décider des emplacements pendant qu'on voit encore où l'ombre tombe l'après-midi. Ouvrir les trous à l'avance pour que la terre s'aère et se ressuie. Réserver les variétés, surtout, parce que les fruitiers anciens partent vite et qu'un verger composé en février avec ce qui reste n'est pas un verger composé.

C'est aussi la saison des vivaces. Une vivace plantée en septembre ou en octobre s'enracine avant l'hiver et démarre bien plus fort au printemps qu'une vivace plantée en avril, qui passera son premier été à essayer de rattraper son retard. Les divisions de touffes se font maintenant également.

Que semer et planter au potager en automne

L'ail se plante en octobre et en novembre, l'échalote et l'oignon d'hiver aussi. Les épinards, la mâche et les salades d'hiver se sèment en septembre. Les fèves et les pois d'hiver se sèment en octobre, dans les terres qui ne se gorgent pas d'eau, ce qui exclut pas mal de fonds de parcelle en Puisaye.

C'est surtout le bon moment pour installer les légumes vivaces, ceux qu'on plante une fois et qu'on récolte pendant dix ans : poireau perpétuel, oseille, topinambour, crosne du Japon, rhubarbe. Le topinambour se récolte au fur et à mesure des besoins tout l'hiver, il se conserve mieux en terre que dans une cave, et les crosnes attendent tranquillement les premières gelées. Un carré de vivaces potagères posé en automne est le meilleur rendement à l'effort de tout le jardin, et personne n'en parle jamais.

Couvrir le sol avant les pluies d'hiver

Une terre argilo-calcaire laissée nue pendant les pluies d'hiver se referme en surface et se compacte. La pluie cesse de pénétrer, elle ruisselle, et en mars vous retrouvez une croûte grise qu'aucun outil ne rattrape vraiment. La solution ne coûte rien : ne laissez aucun carré à découvert.

Les feuilles mortes sont la ressource de la saison, et elles sont gratuites. Ramassées sur la pelouse, elles vont au pied des haies, sur le potager, autour des fruitiers. On peut aussi semer un engrais vert sur les planches libérées, phacélie, seigle, moutarde ou vesce, qui occupera le terrain jusqu'à la fin de l'hiver et qu'on couchera au printemps.

Ne broyez pas tout ce qui traîne. Un tas de branchages dans un coin, des tiges de vivaces laissées debout, une bande d'herbe non fauchée le long de la haie : c'est là que l'hiver se passe pour les hérissons et pour les insectes qui travailleront pour vous en avril.

Préparer une haie champêtre à l'automne

Si vous envisagez une haie champêtre, l'automne est le moment de la trancher. Préparer et décompacter la bande en octobre, planter à racines nues de novembre à mars, pailler dans la foulée : c'est la séquence, et elle ne se rattrape pas au printemps suivant sans passer par des plants en conteneur qui coûtent plusieurs fois plus cher.

Venez goûter avant de choisir

Nos fruitiers anciens sont greffés et élevés ici, et plusieurs de nos variétés sont nées dans l'Yonne. Les quantités par variété sont limitées : venir en septembre ou en octobre, c'est pouvoir choisir, goûter quand c'est la saison, réserver, et repartir en novembre avec exactement les arbres qu'on voulait. Apportez le plan du terrain ou une simple photo, et dites-nous ce que vous voulez manger au mois de février. Nous sommes ouverts du mercredi au samedi, et pour un verger ou une haie complète, nous venons sur place et nous chiffrons le travail.

Ce dont il est question

Les plantes

Les familles

Si vous préférez qu'on s'en charge

Rangées de jeunes scions de pommiers en cours de débourrement sur un terrain fraîchement travaillé, à contre-jour

Création de verger

Nous plantons des vergers de trente arbres comme des alignements de deux pommiers au fond d'un jardin. Les fruitiers que nous mettons en terre sont des variétés anciennes greffées à la pépinière, dont plusieurs sont nées dans l'Yonne.

Jeune haie fraîchement plantée le long d'une allée bétonnée, arbustes encore nus en automne face à une grande pelouse

Plantation de haie

Nous composons et plantons des haies champêtres, bocagères, fleuries ou comestibles, sur quinze mètres de clôture comme sur trois cents mètres de parcelle. Les plants sortent de notre production, ou de pépiniéristes dont nous avons vu les rangs.

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été

Au jardin en été

Les étés d'ici ne ressemblent plus à ceux d'il y a vingt ans. Les périodes sèches s'allongent, et quand la pluie revient elle tombe d'un coup, en orage, sur des terres croûtées qui l'envoient directement au fossé. En juin 2026, on a ouvert uniquement le matin pendant plusieurs samedis. Un jardin d'été se gère surtout par ce qu'on a fait avant.

Chantier d'aménagement en cours : terrasse en bois et pergola posées, jeunes plants en godets alignés sur la terre nue avant plantation

Connaître son sol

Apportez-nous un bocal de terre prise à vingt centimètres, et dites-nous où l'eau stagne chez vous en janvier. Avec ces deux renseignements, on sait déjà ce qui tiendra chez vous et ce qui n'a aucune chance. Une terre élimine d'elle-même une grande partie du catalogue, avant qu'on ait parlé de couleur de fleur.

Rangées de jeunes scions de pommiers en cours de débourrement sur un terrain fraîchement travaillé, à contre-jour

printemps

La pollinisation des fruitiers

Un pommier seul fleurit très bien. Il fait des fleurs blanches, les abeilles y travaillent trois jours, et en septembre il y a quatre pommes dessus. Le pollen d'un pommier ne féconde pas ses propres fleurs : il lui faut celui d'une autre variété, ouverte la même semaine, à portée de butineuse ! Pour une récolte fructueuse, pensez y !

On en reparle sur place

Apportez vos questions, on a les plants sous la main et le temps d'y répondre.

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