Où nous intervenons
Le long de la rivière, de Migennes à Saint-Julien-du-Sault
De Migennes à Villeneuve-sur-Yonne en passant par Saint-Julien-du-Sault, Cheny et Brienon, la vallée forme un couloir de terres riches et de jardins qui ne se conduisent pas comme ceux des plateaux. Nous y intervenons toute l'année.
Une terre où tout démarre trop vite
Le fond de vallée est couvert d'alluvions déposées par la rivière : profondes, souples, généreuses. Le maraîchage s'y est installé pour cette raison. Un jardin d'ici pousse sans qu'on le pousse, et le vrai travail consiste souvent à contenir. Une menthe plantée en pleine terre au printemps occupe trois mètres carrés en septembre, et il faudra la sortir à la fourche.
Le revers est en dessous. La nappe est proche, elle remonte en hiver, et toute plantation profonde se retrouve les pieds dans l'eau plusieurs semaines. Nous plantons haut et nous écartons ce qui déteste l'asphyxie racinaire. Le pommier et le poirier s'en accommodent, sur porte-greffe choisi ; le cerisier et l'abricotier n'ont rien à faire dans un point bas.
Le froid descend des plateaux et reste au ras de la rivière
Les nuits claires de printemps, l'air froid glisse le long des versants et s'accumule au fond. Il gèle en bas quand il ne gèle pas trois kilomètres plus haut, et les gelées de mai brûlent chaque année des floraisons entières. Un jardinier du secteur voit fleurir son poirier le 5 avril, se réjouit, et ramasse les fleurs par terre le 25.
C'est la donnée qui commande tout le choix des fruitiers ici. Une variété à floraison tardive sauve la récolte que la même variété précoce perd. Nous commençons toujours par là, avant même de parler du goût des fruits.
Les jardins de Migennes à Saint-Julien
Migennes s'est construite autour du rail et du canal, et beaucoup de pavillons de cheminots ont gardé les allées régulières de l'ancien potager sous la tonte. Villeneuve-sur-Yonne cache des jardins de bourg derrière ses portes médiévales. À Saint-Julien-du-Sault et dans les villages alentour, la maison de village avec cour côtoie le pavillon de bord de plaine. Presque partout, quelqu'un veut remettre en culture un carré qui a nourri une famille pendant quarante ans.
Ce que nous y faisons de plus fréquent
De la remise en route de potagers abandonnés, en légumes vivaces autant qu'en annuelles, parce qu'une plantation qui repousse seule survit mieux à un été chargé. Des vergers choisis pour la floraison tardive. Des haies qui bornent sans faire d'ombre, les parcelles étant souvent longues et étroites. Et de l'entretien à l'année, sur des jardins où l'herbe pousse deux fois plus vite que sur le plateau.
Nos plants comestibles, semés à vingt minutes
Nos plants comestibles sont certifiés bio et sortent de nos serres et de nos planches, à vingt minutes d'ici. Pour un potager qu'on remet en route, cela veut dire des plants qui n'ont jamais vu de traitement de synthèse et qui ont été élevés sous le même climat que celui où ils vont finir. Nous savons les dates de semis parce que nous les avons semés.
Prendre contact
Nous nous déplaçons dans toute la vallée pour la visite et le devis. La pépinière est ouverte du mercredi au samedi, et les plants potagers sortent de serre à partir du printemps, par vagues.
Un chantier près de chez vous
À compléter par un chantier réalisé dans la vallée. Une remise en culture de potager, avec la surface et les espèces vivaces installées, ou un petit verger planté en variétés à floraison tardive, avec la commune, l'année et les variétés retenues. La photo la plus parlante serait celle d'une floraison intacte après une gelée de printemps qui a touché les jardins voisins.
Sur ces terres
Ce qui tient ici
Les terres alluviales de la vallée sont fraîches et profondes : le poireau perpétuel, l'oseille, le topinambour et la rhubarbe y font des touffes que le plateau calcaire ne leur donnera jamais, et le cassissier comme le groseillier à grappes, qui souffrent dès que la terre sèche en juin, trouvent ici exactement l'humidité qu'ils réclament. La menthe aquatique est faite pour les fonds où la nappe remonte, ceux qu'on ne sait pas quoi planter. Quant à la pomme Api étoilée, elle fleurit parmi les dernières : dans un fond de vallée où l'air froid s'accumule en avril, c'est ce qui décide d'une récolte.