Pourquoi nous avons entouré le verger conservatoire d'une haie
Pour le plaisir des petites bêtes et pour protéger les arbres fruitiers du vent, nous avons planté une haie bocagère le long du verger conservatoire. Plusieurs essences y sont mélangées, noisetier, cornouiller, cotonéaster, viorne, saule, afin d'accueillir au mieux la biodiversité.
Publié le 10 février 2025, mis à jour le 4 septembre 2026
Un verger sur plateau prend le vent d'ouest de plein fouet. Rien ne casse, rien ne se voit, et pourtant ça se paie chaque année sur la récolte : les fleurs sèchent avant d'être fécondées, les abeilles ne sortent pas quand le vent dépasse une vingtaine de kilomètres à l'heure, et les jeunes fruits tombent en juin.
Ce que la haie change pour les fruitiers
Un rideau qui laisse passer un peu d'air vaut mieux qu'un mur. Une haie composée, avec des trous, freine le vent sans créer les turbulences qu'un obstacle plein provoque derrière lui. Les pommiers de la première ligne, à l'abri, ont noué plus régulièrement que ceux du bout de parcelle, et ça se voit sur les variétés à floraison précoce comme la Cure ou l'Avrolles, qui ouvrent tôt et prennent tout ce qui passe.
L'autre effet met plus longtemps à se lire. Les auxiliaires ont besoin d'un endroit où passer l'hiver et d'une floraison précoce pour se nourrir quand les fruitiers ne sont pas encore ouverts. Le noisetier fait ses chatons en février, l'aubépine en avril, le sureau en juin. Cette succession nourrit les syrphes et les coccinelles avant, pendant et après la floraison des arbres, et les pucerons lanigères ont moins de saisons tranquilles.
Les essences plantées
Le noisetier, le cornouiller sanguin, le cotonéaster, la viorne et le saule. Le saule mérite un mot : il se bouture en plein hiver, à peu près sans échec, en enfonçant une baguette de deux centimètres de diamètre dans la terre. C'est le seul plant de haie qui ne coûte rien, et c'est celui qui démarre le plus vite pour boucher un angle.
Le sureau noir a été gardé pour les zones fraîches du bas, où il se plaît. On le recèpe tous les quatre ou cinq ans, il repart de plus belle, et le broyat qu'il donne repart au pied des fruitiers.
La distance entre la haie et les arbres
C'est le point qu'on rate le plus souvent. Une haie plantée à trois mètres d'un alignement de fruitiers concurrence leurs racines et leur fait de l'ombre au matin. Nous laissons six à huit mètres, ce qui laisse aussi passer une tondeuse ou un broyeur entre les deux, et ce qui permet de rabattre la haie sans marcher dans les branches basses des pommiers.
Voir le verger conservatoire
Le verger sert de collection de pieds mères : c'est là que nous prélevons les greffons chaque hiver, sur des variétés locales et anciennes de pommes, poires, prunes, cerises et pêches. La haie qui le ceinture est visible en même temps. Passez du mercredi au samedi, on vous fait le tour, et vous verrez ce qu'un mélange donne au bout de quelques années plutôt que sur un plan.