Fruitiers
La poire Curé, trouvée dans un bois par un curé de campagne
Pyrus communis 'Curé'
En 1760, le curé de Villiers-en-Brenne remarque un poirier sauvage dans les bois de Fromenteau, dans l'Indre, et prélève des greffons. Un siècle plus tard, sa poire est plantée dans toute la France. Grosse, allongée, marquée d'une ligne brune qui court de l'œil au pédoncule, elle se cuit bien plus qu'elle ne se croque.
Sous quelle forme
Sa carte d'identité
- Hauteur adulte
- 6 m
- Largeur adulte
- 4,5 m
- Distance de plantation
- 6 m
- Exposition
- Plein soleil
- Sol
- Profond, frais, bien drainé, il craint l'eau stagnante en hiver
- Rusticité
- -20 °C
- Arrosage
- Copieux et espacé les trois premiers étés
- Vigueur
- Forte
- Plantation
- automne, hiver
- Floraison
- printemps
- Récolte
- automne
- Conservation
- Maturité en décembre et janvier, après un à plusieurs mois de garde
- Pollinisateurs
- Un autre poirier à floraison voisine est nécessaire. Le Beurré Hardy et la Louise Bonne d'Avranches conviennent.
- Origine
- Trouvée à l'état sauvage dans les bois de Fromenteau, près de Clion dans l'Indre, en 1760, et greffée par le curé de Villiers-en-Brenne.
Le fruit
Gros fruit allongé et nettement asymétrique, peau satinée vert franc virant au jaune, marquée d'une ligne brune de l'œil au pédoncule, chair blanche ferme et un peu granuleuse.
Ce que c’est
On connaît rarement l'origine exacte d'une variété fruitière. Celle-ci est vérifiable. Un curé de campagne trouve un sauvageon dans un bois du Berry, près de Clion, en 1760. Il le greffe, la variété passe de proche en proche, et le pépiniériste André Leroy, auteur du Dictionnaire de pomologie, écrit en 1867 qu'il est allé chercher lui-même des greffons sur l'arbre mère. La Curé devient la poire française la plus estimée de son temps. Elle porte tant de noms locaux qu'on a renoncé à les compter.
Le fruit est gros, souvent autour de cent soixante-dix grammes, allongé, nettement de travers. La peau est satinée, vert franc virant au jaune, parfois rougie au soleil. Presque tous les fruits portent une ligne brune qui court de l'œil au pédoncule, on la reconnaît à cela.
La chair est blanche, ferme, un peu granuleuse. Cueillie en octobre, elle n'est pas mangeable au couteau. Il lui faut un à plusieurs mois de fruitier, et elle se consomme en décembre et janvier. C'est avant tout une poire à cuire, et c'est comme cela qu'elle a fait son chemin dans les cuisines françaises.
L'arbre est robuste, vigoureux, productif, et il se contente de conditions ordinaires. C'est ce qui explique sa diffusion. Dans les campagnes, on plantait un Curé quand on voulait être sûr d'avoir des poires, pas quand on cherchait la finesse. Cent cinquante ans plus tard, l'argument tient toujours.
En cuisine
C'est la poire du pochage au vin rouge, du sirop et de la tarte. Elle tient la cuisson sans se défaire et prend la couleur des épices. Mûre à point, après deux mois passés au frais, elle se mange aussi au couteau.
À planter avec elle
Louise Bonne d'Avranches
Pyrus communis 'Louise Bonne d'Avranches'