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Jardin de Bohème, pépinière
dessin de pomme

Fruitiers

L'Avrolles, la pomme à cidre qui porte le nom d'un village de l'Yonne

Malus domestica 'Avrolles'

Le village s'appelle Avrolles, il est aujourd'hui rattaché à Saint-Florentin, et la pomme porte son nom depuis le milieu du XIXe siècle. Elle est trop acide pour être croquée. Au pressoir, cette acidité garde le cidre clair et l'empêche de tourner, et c'est pour cette raison que les fermes du Pays d'Othe en plantaient. Elle a failli partir avec les pressoirs.

Disponible à la pépinière Culture biologique certifiée Comestible

Sous quelle forme

Sa carte d'identité

Hauteur adulte
5 m
Largeur adulte
4,5 m
Distance de plantation
6 m
Exposition
Plein soleil
Sol
Profond, frais, supporte l'argilo-calcaire lourd
Rusticité
-25 °C
Arrosage
Copieux et espacé les trois premiers étés, ensuite rien
Vigueur
Forte
Plantation
automne, hiver
Floraison
printemps
Récolte
automne
Conservation
Jusqu'en mars dans un local frais
Pollinisateurs
Comme toute pomme à cidre, elle réclame d'autres variétés dans le verger. Nous l'associons à la Gros saulette du Pays d'Othe et au Jolibois de Gurgy.
Origine
Avrolles, ancienne commune de l'Yonne rattachée à Saint-Florentin. Décrite dès 1856, répandue dans tout le Pays d'Othe.

Le fruit

Fruit moyen, jaune veiné de rouge, chair blanche très juteuse et franchement acide, difficile à croquer, faite pour le pressoir.

Ce que c’est

Avrolles est à une trentaine de kilomètres d'ici, sur le plateau du Pays d'Othe. Une pomme naît dans un village parce que quelqu'un a semé un pépin, ou parce qu'un sauvageon poussé dans une haie donnait un fruit meilleur que les autres et qu'on est venu y prendre des greffons. Ça restait entre soi. Le cidre se buvait à la ferme, on ne le vendait pas, personne n'avait besoin que la variété voyage. Les pomologues la décrivent dès 1856, et elle occupe alors tout le canton.

Sa réputation est quand même sortie de Bourgogne. À la fin des années soixante, des cidriculteurs normands sont venus chercher des greffons ici, parce qu'aucune de leurs pommes n'apportait cette acidité-là et que leurs assemblages manquaient de tenue.

Le fruit est jaune veiné de rouge, de calibre moyen. Croquez-le pour voir : la première bouchée fait grimacer. Au pressoir, en revanche, le jus reste limpide pendant des mois là où celui des pommes douces se trouble et tourne. Les fruits se meurtrissent peu et se gardent tard, ce qui permet d'étaler le pressage jusqu'à la fin de l'hiver au lieu de tout faire en une semaine.

L'arbre est vigoureux, son bois plie sous la charge au lieu de casser, et il se contente des terres moyennes. C'est un plein vent, à installer là où il aura la place de faire sa couronne.

Ce qui l'a tuée, c'est l'arrêt des pressoirs de ferme. On ne replante pas un arbre dont on ne boit plus le jus, et les vergers du Pays d'Othe ont été arrachés en deux générations pour agrandir les parcelles. La replanter à trente kilomètres de son village, c'est remettre un arbre là où le sol et le climat l'ont fabriqué. Il n'y a rien à acclimater, elle est chez elle.

La planter

Elle part à racines nues, de novembre à mars, et se plante dans la quinzaine qui suit l'arrachage. Plus tôt vaut mieux : un arbre planté en novembre a tout l'hiver pour faire des radicelles avant d'avoir à nourrir des feuilles.

Six mètres entre deux plein-vent. Quand on tient un scion d'un mètre cinquante dans la main, ça paraît absurde ; à vingt ans, c'est tout juste. Nos terres de Puisaye sont argilo-calcaires et se compactent, alors ouvrez large plutôt que profond, cassez les parois du trou à la fourche-bêche pour que les racines n'y tournent pas en rond, et laissez le point de greffe à l'air. Le tuteur se plante avant l'arbre, du côté d'où vient le vent, sinon on l'enfonce dans les racines.

L’entretenir

Les trois premiers étés décident du reste. Un arrosage copieux tous les dix jours vaut mieux qu'un filet d'eau quotidien, qui fait remonter les racines en surface et rend l'arbre fragile pour trente ans. Paillez épais en laissant un anneau nu autour du tronc, sinon les campagnols s'installent au chaud contre l'écorce.

La taille de formation occupe les premiers hivers, le temps d'établir la charpente. Après, un plein vent bien conduit demande un passage tous les deux ou trois ans. Si des chevreuils traversent la parcelle, protégez le tronc dès la plantation : ils frottent leurs bois en septembre, et un scion écorcé ne se rattrape pas.

Avec quoi l’associer

Un pommier à cidre seul dans un jardin fleurit très bien et ne donne rien. Il en faut plusieurs, et pas seulement pour la fécondation : un cidre d'une seule variété est plat. L'Avrolles apporte l'acide et la tenue, la Gros saulette du Pays d'Othe le sucre et la couleur. Le Jolibois de Gurgy s'ajoute bien quand il y a la place.

Passez à la pépinière pendant la saison de plantation. Nous vous dirons combien d'arbres votre terrain porte vraiment, ce qui fait presque toujours moins que ce qu'on avait prévu.

En cuisine

Elle se presse. Seule, elle donne un jus si vif que peu de gens le finissent ; coupée d'une pomme douce, elle fait un cidre qui tient jusqu'à l'été suivant. Laissez les fruits reposer quelques semaines au frais avant de presser, le jus est plus rond et rend mieux.

À planter avec elle

Pomme rouge encore accrochée à sa branche, entourée de feuillage
Bio Comestible

Gros saulette

Malus domestica 'Grosse Saulette'

Disponible à la pépinière 30,00 €
dessin de poire
Bio Comestible

Jacquet de l'Yonne

Malus domestica 'Jacquet de l'Yonne'

Disponible à la pépinière
Branche de pommier chargée de fruits, au feuillage clairsemé de fin de saison
Bio Comestible

Jolibois de Gurgy

Malus domestica 'Alfred Jolibois'

Disponible à la pépinière 30,00 €
dessin de poire
Bio Comestible

Beurré Hardy

Pyrus communis 'Beurré Hardy'

Disponible à la pépinière

Voyez-la de vos yeux

Une photo ne dit ni le port, ni le parfum, ni la vigueur d'un plant. Passez, on vous la montre dans l'allée.

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