au printemps
Le jardin de mars à mai dans l'Yonne
Il y a toujours un samedi de fin mars où il fait dix-huit degrés, où la pépinière est pleine, et où tout le monde veut des tomates. On les fait patienter, et ça ne fait jamais plaisir à personne. Trois semaines plus tard, une nuit à moins deux passe sur le secteur et donne raison à l'attente. En attendant, il y a énormément à faire.
Que semer et planter en mars
Mars est le mois des choses rustiques. Dès que le sol est ressuyé, c'est-à-dire dès qu'il s'émiette dans la main au lieu de s'y mouler, vous pouvez semer en pleine terre les fèves, les pois, les carottes hâtives, les épinards, les radis et les premières salades.
Le repère est le sol, pas le calendrier. Une terre à six degrés fait pourrir un semis avant qu'il ne lève, et une argile de plateau met deux à trois semaines de plus à se réchauffer qu'une terre de fond de vallée à trois kilomètres de là. Les gens qui sèment le même jour que leur voisin et qui obtiennent la moitié de la levée ne comprennent souvent pas pourquoi.
Mars est aussi le dernier moment pour planter à racines nues. Tant que les bourgeons n'ont pas démarré, un fruitier, un plant de haie ou un cassissier se mettent encore en terre. Une fois le débourrement passé, il faut attendre l'automne suivant, et sept mois d'attente pour trois jours de retard, ça agace.
Côté vivaces, c'est le mois des divisions. L'oseille, la ciboulette, la menthe verte, la mélisse, les hémérocalles, les graminées : une touffe qu'on éclate à la bêche en trois ou quatre morceaux repart plus vigoureuse que si on l'avait laissée s'épuiser sur place. La rhubarbe se divise aussi, à condition de garder un bourgeon par éclat.
C'est également le moment d'installer les légumes vivaces si ce n'est pas fait : un pied de chou perpétuel Daubenton et quelques poireaux perpétuels tiendront la place pendant des années, et vous cueillerez dedans en novembre quand le potager sera vide. Et on rabat enfin les tiges sèches laissées debout tout l'hiver, maintenant que les insectes qui logeaient dedans sont sortis.
Quand repiquer les tomates dans l'Yonne
Les tomates, courgettes, courges, poivrons, aubergines et basilics sont gélifs au sens strict : un demi-degré sous zéro et la plante est morte, pas abîmée, morte.
Dans l'Yonne, les dernières gelées blanches tombent couramment dans la première quinzaine de mai. Plus tard encore dans les fonds de vallée et dans les creux de Puisaye, où l'air froid stagne la nuit et où on trouve du blanc sur les toitures à la mi-mai alors qu'il n'y a rien sur le plateau. Les Saints de glace, autour du 11 au 13 mai, restent le repère raisonnable.
Attendez-les. Un plant repiqué le 20 mai rattrape en dix jours un plant repiqué le 25 avril, à condition que celui du 25 avril ait survécu. Si vous ne tenez vraiment pas, plantez sous voile et gardez le voile à portée de main jusqu'à la fin du mois. Et regardez le ciel du soir : une nuit claire, sèche et sans vent après une belle journée, c'est exactement le scénario de la gelée blanche.
Que faire au verger au printemps
Peu de gestes, beaucoup d'attention. Les fleurs de pruniers et de cerisiers, plus précoces que les pommes, peuvent partir en une nuit : une fleur ouverte gèle autour de moins deux degrés, un fruit noué encore plus facilement. Sur un jeune arbre isolé, un voile jeté le soir et retiré au matin sauve parfois toute une récolte, et il faut vraiment le retirer, sinon on cuit l'arbre au premier soleil.
C'est aussi le moment des premiers pucerons sur les jeunes pousses. Avant de sortir quoi que ce soit, regardez. Sur un arbre en bonne santé, les coccinelles et les syrphes arrivent avec deux semaines de décalage et règlent l'affaire seuls. On n'intervient que si l'arbre est très jeune et que les pousses s'enroulent au point de bloquer la croissance.
Enfin, si vous avez planté cet hiver, avril et mai décident de la reprise. Vérifiez le paillage, retassez au pied ce que le gel-dégel a déchaussé, et arrosez copieusement au premier vrai coup de sec plutôt qu'un peu tous les jours. Un seau de dix litres d'un coup vaut mieux que dix arrosoirs répartis sur dix soirs.
Désherber en mars plutôt qu'en juin
Une terre nue au printemps se couvre en trois semaines, et c'est vrai chez tout le monde. Le désherbage de mars et d'avril, fait à la binette sur des plantules de deux centimètres par temps sec, prend dix fois moins de temps que celui de juin fait à la main sur des chardons installés qui cassent au collet.
Le vrai remède reste la couverture. Un paillage posé en avril, quand la terre s'est réchauffée mais avant que les adventices ne lèvent, tient jusqu'à l'été. Le même paillage posé en février retarde le réchauffement du sol et pénalise tous les semis derrière.
Quand et à quelle hauteur tondre la pelouse
Tondez haut, sept ou huit centimètres, et pas trop tôt. Une pelouse rase en avril grille en juin et laisse la place au plantain, qui lui ne grille pas.
Laissez fleurir les pâquerettes et les pissenlits quelques semaines. À cette période-là, c'est souvent la seule chose ouverte pour les premières abeilles sorties du nid, avant que les fruitiers et les saules ne fleurissent en masse. Une pelouse jaune de pissenlits au mois d'avril bourdonne, il suffit de se pencher pour l'entendre.
Et si un coin du terrain ne sert à rien, essayez de ne plus le tondre du tout jusqu'en juillet. Vous verrez ce qui y pousse tout seul, et il y aura des surprises.
Nos plants potagers, à partir du mois de mars
À partir du mois de mars, nos plants potagers commencent à sortir : salades, choux, poireaux, aromatiques, fèves, tout ce qui ne craint pas une nuit fraîche. Les tomates, les courges et le reste des gélifs suivent en avril et en mai, à mesure que les nuits se radoucissent. C'est volontaire. Un plant acheté six semaines trop tôt passe ces six semaines sur un rebord de fenêtre, file vers la lumière et arrive au jardin avec une tige molle d'un mètre.
Tout est produit ici, en agriculture biologique. Passez du mercredi au samedi et dites-nous l'exposition de votre potager, la nature de votre terre, et si vous êtes en fond de vallée : on vous dira quelles variétés partent bien dans le coin et lesquelles ne valent la peine que sous abri. Le catalogue est en ligne, mais il change chaque semaine à mesure que les plateaux sortent, et c'est en allée qu'on choisit le mieux.