Comestibles & aromatiques
La menthe marocaine, celle qui fait le thé
Mentha spicata var. crispa
La menthe marocaine est la nanah du Maghreb, celle qu'on verse sur le thé vert gunpowder. Feuille courte, large, gaufrée comme du papier froissé, et un parfum sucré où le menthol n'entre pas. Faites le même thé avec de la menthe poivrée et vous obtenez un bain de bouche.
Sous quelle forme
Sa carte d'identité
- Hauteur adulte
- 55 cm
- Largeur adulte
- 90 cm
- Distance de plantation
- 40 cm
- Exposition
- Plein soleil
- Sol
- Frais, riche, drainé mais jamais sec
- Rusticité
- -20 °C
- Arrosage
- Soutenu, quotidien en pot l'été
- Plantation
- printemps, automne
- Floraison
- été
- Récolte
- printemps, été, automne
Ce que c’est
La menthe marocaine est une forme de menthe verte. Elle en garde la carvone, donc ce parfum rond, sans effet froid, et elle pousse la douceur un cran plus loin. La feuille, elle, ne ressemble à aucune autre : courte, large, bosselée, d'un vert plus clair, avec des nervures creusées qu'on sent sous le pouce. On la reconnaît au toucher avant de la reconnaître à l'odeur, et c'est le test qu'on fait faire aux gens qui hésitent entre deux godets.
C'est l'absence de menthol qui la destine au thé. Un gunpowder reçoit une poignée entière de branches, tiges comprises, et le verre reste buvable jusqu'au fond. La même poignée de menthe poivrée anesthésie la bouche dès la deuxième gorgée.
Elle forme une touffe dense de cinquante à soixante centimètres, plus trapue que la menthe verte, avec des épis blanc rosé en juillet et août que les abeilles ne lâchent pas. Elle veut un peu plus de soleil que ses cousines, à condition d'avoir le pied frais. En novembre elle disparaît entièrement, sans laisser une tige debout, et elle repart de souche fin mars ou début avril sans qu'on ait rien à faire.
En pot sur une terrasse, en revanche, la motte gèle en bloc, et là il y a quelque chose à faire.
La planter
D'avril à juin, ou début septembre. C'est la menthe qu'on consomme le plus, en plus grande quantité, et le plus souvent au dernier moment : mettez-la en pot, à côté de la porte de la cuisine. Trente centimètres de diamètre au minimum, terreau et compost à parts égales, un trou de drainage qui reste libre. Vous réglez du même coup la question des rhizomes et celle des vingt mètres à faire en chaussons un soir de juillet. En pleine terre, quarante centimètres entre deux pieds et un sol qui garde la fraîcheur.
L’entretenir
En pot, elle boit : tous les deux jours en juillet, tous les jours par forte chaleur, et elle pardonne mal un oubli. Rempotez chaque printemps dans du terreau neuf en coupant la moitié de la motte au couteau à pain, sinon les rhizomes tournent en rond et la feuille rapetisse dès la deuxième année. Un pot qui reste dehors l'hiver se plaque contre un mur et s'entoure d'un vieux sac de jute ; la souche tient le gel, elle ne tient pas le gel de tous les côtés à la fois. Coupez les tiges florales dès qu'elles pointent si c'est la feuille que vous voulez.
Avec quoi l’associer
Sur une terrasse, un pot de marocaine et un pot de bergamote donnent deux thés qui n'ont rien à voir, et c'est de loin le duo qui repart le plus souvent d'ici. Avec une mélisse à côté, vous tenez la boisson chaude du soir et la carafe de l'été. En pleine terre, tenez-la éloignée du thym et du romarin, qui demandent exactement l'inverse d'elle en matière d'eau.
En cuisine
Le thé d'abord. Ébouillantez la théière, une cuillerée de thé vert gunpowder, une grosse poignée de branches pliées en deux, du sucre en morceaux, l'eau frémissante, trois minutes, puis versez de haut jusqu'à faire mousser. Des branches entières, pas des feuilles effeuillées : la tige donne le fond. Elle est aussi la bonne menthe du taboulé libanais, où elle passe en quantité déraisonnable, d'une salade d'oranges à la cannelle, et d'une carafe d'eau qu'on laisse toute la journée sur la table sans qu'elle devienne écœurante. Séchée en bouquets tête en bas dans une pièce sombre, elle tient l'hiver en perdant un peu de son sucre.
À planter avec elle