Comestibles & aromatiques
La menthe bergamote, celle qui sent l'agrume
Mentha × piperita var. citrata
La menthe bergamote s'appelle aussi menthe orange, ou menthe eau de Cologne. Sa feuille froissée sent l'agrume et la parfumerie, le menthol passant loin derrière. C'est celle de la carafe d'eau, de la limonade et de l'infusion du soir qui ne réveille personne.
Sous quelle forme
Sa carte d'identité
- Hauteur adulte
- 45 cm
- Largeur adulte
- 80 cm
- Distance de plantation
- 40 cm
- Exposition
- Mi-ombre
- Sol
- Frais, humifère, redoute le soleil brûlant
- Rusticité
- -20 °C
- Arrosage
- Régulier, paillage en été
- Plantation
- printemps, automne
- Floraison
- été, automne
- Récolte
- printemps, été, automne
Ce que c’est
Sous le nom de menthe bergamote se range un groupe de formes citronnées de la menthe poivrée. Même ascendance hybride, même stérilité, même multiplication par division. La chimie, elle, est décalée : le menthol y est minoritaire et laisse la place à des composés d'agrume qui rappellent la bergamote de l'Earl Grey, avec une pointe fleurie que certains trouvent savonneuse. Les gens savent tout de suite s'ils aiment, et il n'y a pas de moyen terme sur celle-ci, ce qui explique qu'on la fasse froisser avant de la vendre.
Le feuillage est lisse, arrondi, vert bronze lavé de pourpre sur les bords et sur les tiges, avec un éclat un peu vernissé. Elle reste plus basse que la poivrée, quarante à cinquante centimètres, et s'étale plutôt qu'elle ne monte, ce qui en fait une bordure de coin frais. Ses épis mauves de juillet à septembre travaillent surtout pour les abeilles solitaires et les papillons.
Elle veut un sol frais et de l'ombre l'après-midi. Contre un mur plein sud, la feuille durcit et le parfum vire à l'amer en quelques semaines, sans revenir.
Elle redémarre tard. Trois semaines après ses voisines, parfois davantage. Chaque année quelqu'un nous rapporte un godet vide en avril en pensant l'avoir perdue, et chaque année elle sort en mai.
Ses rhizomes courent moins loin que ceux de la menthe verte. Ils courent quand même.
La planter
Mars à juin, ou septembre. Sol frais, mi-ombre, à l'abri du soleil de quatorze heures. Pour la contenir sans enterrer du plastique, la vieille méthode marche encore : un pot de terre cuite dont on casse le fond au marteau, enterré dans le massif jusqu'au col, la plante dedans. La terre cuite freine les rhizomes, se fond dans le décor et vieillit bien, au prix de deux ou trois fugueuses à couper au sécateur chaque année. Quarante centimètres entre deux pieds, cinquante si vous la voulez en tapis de bordure.
L’entretenir
Arrosage régulier en été, paillage de tonte séchée ou de feuilles mortes au pied dès juin. Coupez avant floraison pour la feuille la plus parfumée, ou laissez fleurir pour les butineurs et récoltez sur la repousse ; les deux se défendent. Rabattage complet en novembre, une poignée de compost sur la souche. Divisez tous les trois ans, en mars seulement : dérangée à l'automne, elle démarre encore plus tard l'année suivante. La rouille l'atteint peu, son port aéré y est sans doute pour quelque chose.
Avec quoi l’associer
Elle prolonge la mélisse et la marocaine dans une carafe d'eau, et les trois se récoltent d'un même passage. Plantez-la devant une camomille romaine, qui fleurit au même moment et remplit la même boîte. Deux pots côte à côte, bergamote et chocolat, donnent deux infusions du soir que personne ne confondra, même dans le noir.
En cuisine
Elle donne le meilleur en froid et en liquide. Trois brins dans une carafe avec une rondelle de citron, une limonade maison, un thé glacé, un gin tonic. En infusion chaude, un breuvage d'agrume très doux, sans effet réfrigérant, que les enfants boivent et que supportent les gens que la poivrée tient éveillés. Elle accompagne les fruits jaunes, abricots et pêches, et une salade de melon. À la cuisson elle disparaît entièrement : on l'ajoute hors du feu, ou on l'infuse à froid quelques heures dans un sirop au réfrigérateur, ce qui est de loin le meilleur usage qu'on en connaisse.
À planter avec elle