Fruitiers
Le Jolibois, né d'un semis fait à Gurgy en 1907
Malus domestica 'Alfred Jolibois'
Celle-là, on sait qui l'a faite. Alfred Jolibois a semé des pépins à Gurgy, au bord de l'Yonne au nord d'Auxerre, en 1907, et l'un des arbres qui en sont sortis donnait de grosses pommes parfumées qui tenaient jusqu'au printemps. Un siècle plus tard, elle porte encore son nom, et personne n'a jamais réussi à l'écrire deux fois de la même façon.
Sous quelle forme
Sa carte d'identité
- Hauteur adulte
- 4,5 m
- Largeur adulte
- 4 m
- Distance de plantation
- 6 m
- Exposition
- Plein soleil
- Sol
- Profond, frais, supporte l'argilo-calcaire
- Rusticité
- -25 °C
- Arrosage
- Copieux et espacé les trois premiers étés
- Vigueur
- Bonne, très productive. Peu sensible à la tavelure
- Plantation
- automne, hiver
- Floraison
- printemps
- Récolte
- automne
- Conservation
- De décembre à mai dans un local frais
- Pollinisateurs
- Il lui faut une autre variété qui fleurit en même temps que lui. La Reine des Reinettes, très bonne pollinisatrice, convient dans la plupart des vergers.
- Origine
- Semis d'Alfred Jolibois réalisé à Gurgy, dans l'Yonne, en 1907. Aussi appelée Alfred Jolibois, Joli Bois ou Jolie Bois.
Le fruit
Gros fruit jaune paille lavé et strié de rouge, chair blanche mi-croquante, très sucrée et juteuse, au parfum de rose et de fruit rouge relevé d'une acidité franche.
Ce que c’est
Gurgy est à une quarantaine de kilomètres d'ici, sur la rive de l'Yonne. En 1907, on sème couramment des pépins pour obtenir des porte-greffes, et de temps en temps l'un des semis donne quelque chose de mangeable. Sur mille pépins, un arbre vaut peut-être la peine d'être greffé. Celui d'Alfred Jolibois valait la peine : on l'a greffé, on l'a diffusé de ferme en ferme, et on lui a laissé le nom de celui qui l'avait fait. Elle circule aujourd'hui sous plusieurs orthographes, Alfred Jolibois, Joli Bois, Jolie Bois. C'est le signe d'une variété passée de bouche à oreille pendant des décennies avant d'entrer dans un catalogue.
Le fruit est gros, parfois très gros, jaune paille lavé de rouge du côté du soleil et strié de rouge sombre. La chair est blanche à peine verdâtre, mi-croquante, très sucrée et juteuse. Le parfum est ce qui frappe, quelque chose entre la rose et le fruit rouge, relevé par une acidité franche. Elle se mange de décembre à mai si le fruitier reste frais.
L'arbre est très productif et il attrape peu la tavelure, ce qui compte quand on ne traite pas. Il encaisse le froid sans broncher, au point qu'on le conseille pour les vergers d'altitude.
Elle a survécu parce qu'elle était bonne et que les gens du coin la gardaient. Aucun conservatoire ne l'a sauvée, aucune association ne l'a inscrite sur une liste ; elle est restée dans des jardins, greffée par des voisins, et elle est arrivée jusqu'ici comme ça. Elle reste peu répandue hors de Bourgogne et vous ne la trouverez pas en jardinerie. Nous la greffons chaque année, à quarante kilomètres de l'arbre d'Alfred Jolibois.
La planter
Racines nues de novembre à mars. L'arbre est productif et les branches se chargent lourdement : donnez-lui de quoi faire une charpente solide, six mètres au moins entre deux plein-vent.
Trou large, parois cassées à la fourche-bêche, point de greffe hors sol, tuteur posé avant l'arbre du côté d'où vient le vent. Un seau d'eau à la plantation même en plein hiver et même s'il pleut, pour que la terre se colle aux racines et qu'il ne reste pas de poche d'air sous elles.
L’entretenir
Sa résistance à la tavelure ne dispense pas d'ouvrir le centre de l'arbre à la taille d'hiver. L'air qui circule sèche le feuillage après la pluie et fait plus que n'importe quel traitement.
Les grosses pommes tombent avant maturité quand l'arbre est chargé et que l'été est sec. Un éclaircissage en juin, sur les bouquets qui ont noué quatre ou cinq fruits, donne des pommes plus grosses et évite l'alternance qui fait produire une année sur deux.
Avec quoi l’associer
Il s'associe naturellement au Jacquet de l'Yonne, sa voisine de département, et à la Reine des Reinettes qui pollinise tout le monde et donne un fruit précoce. Trois arbres nourrissent une famille de septembre à mai, à condition d'avoir un endroit frais où ranger les caisses.
Nous en avons en pied à la pépinière. Venez voir la conduite d'un arbre formé avant de choisir le vôtre : la forme qu'on donne à un pommier les cinq premières années, on la garde quarante ans.
En cuisine
Au couteau, une fois passé le premier mois de fruitier. Elle fait de la pâtisserie sans tourner en purée, et elle entre dans les cidres locaux où son sucre compense les variétés acides du Pays d'Othe.
À planter avec elle