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Jardin de Bohème, pépinière

en hiver

À la Sainte-Catherine, tout bois prend racine

Le 25 novembre, mettez la main au fond d'un trou de plantation. La terre y est encore tiède, alors que l'air pique et que vous avez les doigts froids. Tout le dicton tient dans cet écart-là, et des gens l'ont observé pendant des siècles sans avoir ni thermomètre ni bulletin météo.

Jardinier en bonnet orange travaillant à la pioche sur un talus couvert de toile de paillage, arbres nus en hiver

Que se passe-t-il dans un arbre en hiver

À partir de la chute des feuilles, un fruitier a rangé ses réserves dans le tronc et les racines, et il a coupé le robinet. Plus de feuilles, plus d'évaporation. Plus d'évaporation, plus de soif. On peut le sortir de terre, le transporter, le laisser trois jours en jauge et le replanter ailleurs : il ne s'en rend pas vraiment compte.

Mais la moitié basse ne dort pas complètement. Tant que le sol reste au-dessus de sept ou huit degrés, les racines s'allongent, lentement, sans se presser. Et une terre met des semaines à refroidir. En novembre, elle garde encore la chaleur de l'été alors que le thermomètre de la cour est descendu depuis longtemps. L'arbre ne demande rien à ses racines, et ses racines travaillent quand même.

Quatre mois plus tard, quand les bourgeons gonflent, le chevelu est refait. Une Reine des reinettes ou un poirier Conférence plantés fin novembre démarrent au printemps comme s'ils avaient toujours été là. Le même arbre planté début avril débourre trois semaines après sa mise en terre, avec des racines à peine cicatrisées, et il passe son premier été à courir après l'eau au lieu de pousser.

Pourquoi le 25 novembre et pas une autre date

Parce que ça tombe bien, presque toujours, et pas parce que le calendrier a une vertu. La Sainte-Catherine arrive après la chute des feuilles et avant les gels tenaces. C'est un repère de bon sens, tenu par des gens qui plantaient beaucoup et qui n'écrivaient pas.

La vraie date, chez vous, c'est le jour où votre pommier a lâché ses dernières feuilles. Dans l'Yonne, cela se produit entre le 5 et le 25 novembre selon les années. Un fond de vallée près du Vrin, humide et froid la nuit, se dépouille avant un coteau exposé au sud à deux kilomètres de là. Regardez vos arbres, pas l'almanach.

Certaines années, ça déraille. En 2023, il faisait encore doux à la mi-novembre et les pommiers avaient gardé la moitié de leurs feuilles. On a attendu. Ce n'est pas grave d'attendre : décembre plante très bien.

Peut-on encore planter en janvier ou en février

Ça marche, et souvent très bien. La fenêtre court jusqu'au démarrage de la végétation, autour de la mi-mars. Elle s'interrompt pendant le gel profond et pendant les longues pluies, et pour la même raison : la terre ne se referme pas correctement autour des racines.

Un plant mis en terre en février prend un mois de retard sur celui de novembre, pas une saison. En revanche il n'a plus de marge. S'il fait sec en mai, ce qui n'a rien d'exceptionnel chez nous depuis quelques années, il faudra l'arroser sérieusement, et le suivre tout l'été.

Nous plantons volontiers jusqu'aux premiers jours de mars. Passé cette date-là, nous préférons dire que la saison est finie et vous donner rendez-vous en novembre plutôt que de vous vendre un arbre qui partira mal. C'est une conversation qu'on a chaque printemps avec quelqu'un qui vient de se décider, et elle est toujours un peu désagréable.

Et les plants en conteneur

On entend souvent en jardinerie qu'un sujet en pot se plante toute l'année. C'est exact sur le papier. Concrètement, un arbre planté en juin dans une terre à trente degrés en surface vous demandera un arrosage par semaine pendant deux étés, et sa motte restera longtemps un volume distinct de la terre autour, avec une frontière nette qu'on retrouve encore quatre ans plus tard en creusant.

Le pot a son usage. Les persistants fragiles, les vivaces d'été, tout ce qui n'accepte pas d'être arraché en dormance. Pour un pommier, un poirier, un prunellier, un amélanchier, un charme ou un groseillier à grappes, la racine nue d'hiver reste devant, à la reprise comme au prix. Sur une haie où l'on aligne quarante charmes, la question ne se pose même pas.

Le froid abîme-t-il un jeune plant

Un fruitier ou un arbuste de haie en dormance encaisse une nuit à moins quinze sans broncher. Ces espèces vivent ici depuis toujours, elles n'ont pas attendu qu'on les rassure.

Ce qui les abîme est ailleurs. Des racines nues oubliées à l'air libre pendant que le gel s'installe, quelques heures dans une remorque ouverte au vent d'est, et le chevelu est mort avant d'avoir vu le trou. C'est le seul accident vraiment irréparable de la saison, et c'est aussi le plus banal.

L'autre, plus discret, c'est le déchaussement. L'alternance gel-dégel soulève les plants mal tassés et on les retrouve en février avec les racines à moitié dehors, en train de sécher au soleil de midi. Un tour d'inspection et un coup de talon suffisent, à condition d'y penser.

Les gelées d'avril, elles, n'ont rien à voir avec la plantation d'hiver, et ce sont pourtant elles qui font les vrais dégâts dans le secteur. En 2021, une nuit de la mi-avril a grillé la floraison de la moitié des pommiers du coin, et il n'y a pas eu de pommes cette année-là. Ça se joue au choix des variétés et des emplacements, pas à la date de mise en terre.

Ce que coûte une plantation d'hiver

Une haie de cinquante mètres en plants d'un mètre à racines nues, ce n'est pas la même dépense que la même haie en conteneurs de trois litres. Un verger de dix fruitiers non plus. Et comme la reprise est meilleure, vous remplacez moins la deuxième année, et vous portez moins d'arrosoirs pendant deux étés.

Les paysagistes plantent en hiver depuis toujours, et ce n'est pas par romantisme. Guillaume faisait déjà ça sur les chantiers avant d'ouvrir la pépinière. C'est aussi pour ça que notre saison de vente d'arbres tient sur ces cinq mois-là et pas sur douze.

Réservez vos plants avant la saison

Nos fruitiers anciens sont greffés et élevés ici, en petites quantités par variété. Certaines partent en quelques semaines, et un verger composé en février avec ce qui reste n'est pas un verger composé. Le mieux est de passer en septembre ou en octobre, de regarder les arbres sur pied, de goûter les pommes quand c'est la saison, et de nous dire ce que vous voulez manger en février. Nous arracherons vos plants à la date qui vous arrange. Venez avec les dimensions du terrain et l'exposition ; pour un verger complet ou une haie, nous nous déplaçons dans un rayon d'une heure autour de La Ferté-Loupière et nous chiffrons la plantation.

Ce dont il est question

Les plantes

Les familles

Si vous préférez qu'on s'en charge

Rangées de jeunes scions de pommiers en cours de débourrement sur un terrain fraîchement travaillé, à contre-jour

Création de verger

Nous plantons des vergers de trente arbres comme des alignements de deux pommiers au fond d'un jardin. Les fruitiers que nous mettons en terre sont des variétés anciennes greffées à la pépinière, dont plusieurs sont nées dans l'Yonne.

Jeune haie fraîchement plantée le long d'une allée bétonnée, arbustes encore nus en automne face à une grande pelouse

Plantation de haie

Nous composons et plantons des haies champêtres, bocagères, fleuries ou comestibles, sur quinze mètres de clôture comme sur trois cents mètres de parcelle. Les plants sortent de notre production, ou de pépiniéristes dont nous avons vu les rangs.

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Planter à racines nues

De novembre à mars, on arrache. À la fourche, le matin, dans les rangs derrière la serre. L'après-midi, les plants repartent dans des coffres de voiture et se retrouvent en terre le week-end suivant. Un arbre vendu sans pot surprend toujours la première fois : ça ressemble à un bâton avec des cheveux au bout. C'est pourtant ce qui reprend le mieux.

Deux jardiniers plantent un talus couvert de toile de paillage devant une maison à colombages

Réussir une plantation

Un arbre mal planté ne meurt pas tout de suite, et c'est bien le problème. Il végète deux ans, il fait des feuilles de plus en plus petites, et il sèche au quatrième été sans que personne ne fasse le lien avec cette heure de janvier où on a creusé un peu vite parce qu'il pleuvait.

Rangées de jeunes scions de pommiers en cours de débourrement sur un terrain fraîchement travaillé, à contre-jour

printemps

La pollinisation des fruitiers

Un pommier seul fleurit très bien. Il fait des fleurs blanches, les abeilles y travaillent trois jours, et en septembre il y a quatre pommes dessus. Le pollen d'un pommier ne féconde pas ses propres fleurs : il lui faut celui d'une autre variété, ouverte la même semaine, à portée de butineuse ! Pour une récolte fructueuse, pensez y !

On en reparle sur place

Apportez vos questions, on a les plants sous la main et le temps d'y répondre.

  • 12 route de Joigny 89110 La Ferté-Loupière, à quinze minutes de Joigny
  • Du mercredi au samedi, 10h – 12h30 et 13h30 – 18h Sans rendez-vous
  • 07 59 58 38 89 Souvent plus rapide qu'un courriel