Comestibles & aromatiques
La menthe chocolat, le parfum de l'after-eight
Mentha × piperita f. citrata 'Chocolate'
Il n'y a pas un gramme de cacao dans la menthe chocolat, et pourtant l'odeur d'un after-eight monte dès qu'on froisse une feuille. C'est une sélection de menthe poivrée, retenue pour cette note brune qui accompagne le menthol. On la plante pour les desserts, et pour la tête des gens à qui on tend une feuille.
Sous quelle forme
Sa carte d'identité
- Hauteur adulte
- 55 cm
- Largeur adulte
- 80 cm
- Distance de plantation
- 40 cm
- Exposition
- Mi-ombre
- Sol
- Frais, riche, humifère
- Rusticité
- -25 °C
- Arrosage
- Régulier, ne supporte pas le dessèchement
- Plantation
- printemps, automne
- Floraison
- été
- Récolte
- printemps, été, automne
Ce que c’est
Rien dans cette plante ne vient du cacaoyer. La menthe chocolat est une sélection de Mentha × piperita, elle-même issue du croisement entre menthe verte et menthe aquatique, et ce qu'on a retenu chez elle est une composition où le menthol reste franc mais s'accompagne d'une note sombre, légèrement torréfiée. Le cerveau fait le reste : il connaît déjà l'association par le chocolat à la menthe, et il complète. L'illusion tient. On l'a vérifiée sur assez de visiteurs pour l'écrire.
C'est aussi la plus belle des menthes sombres. Tige brun pourpré presque noire, feuille vert profond aux nervures teintées de brun, port dressé à cinquante ou soixante centimètres, fleurs lilas pâle en juillet. Stérile comme sa mère la poivrée, donc ni semis ni dérive : le pied que vous emportez est exactement celui qu'on a divisé, pas un semis approximatif qui aurait perdu la note en route.
Elle est un peu moins vigoureuse que la menthe verte. Ses rhizomes courent quand même, simplement moins loin par saison. La mi-ombre lui va bien, la feuille y reste tendre et la couleur plus foncée ; en plein soleil elle vire au vert ordinaire et perd ce pour quoi on l'avait prise.
La note chocolatée baisse nettement pendant la floraison. Coupez les épis dès qu'ils pointent, avant qu'ils s'ouvrent.
La planter
Avril à juin, ou septembre. Sol frais et riche, mi-ombre de préférence. La règle qui compte avec celle-ci : jamais dans le même contenant qu'une autre menthe. Deux menthes qui partagent un bac se mélangent par les rhizomes en deux saisons, on ne sait plus laquelle on coupe, et c'est toujours la plus commune qui reste. Donnez-lui son pot de trente centimètres, ou son bidon de dix litres découpé et enterré au ras du sol si vous la voulez au milieu d'un massif. Étiquetez : l'hiver efface la mémoire.
L’entretenir
Arrosage régulier. Elle marque le manque d'eau en quelques heures par des feuilles qui pendent, et elle s'en remet mal deux fois de suite. Pincez les extrémités au printemps pour la faire ramifier, sans quoi elle file en tiges nues qui se couchent au premier orage. Coupez les épis floraux dès leur apparition. Rabattez au ras à l'automne. Divisez tous les deux ou trois ans, et gardez un éclat de côté : c'est la menthe qu'on offre, et vous en donnerez plus souvent que vous ne croyez.
Avec quoi l’associer
Avec la menthe bergamote et la mélisse, elle compose un coin de desserts et d'infusions qui se récolte aux mêmes dates. Une camomille romaine à côté, et la boîte à tisanes de l'hiver est faite. Au massif, son feuillage presque noir passe très bien devant les corymbes clairs d'une achillée millefeuille, et le contraste tient de juin à octobre.
En cuisine
Elle est faite pour le sucré. La préparation qui vaut le détour est l'infusion dans la crème : une dizaine de feuilles dans la crème chaude d'une ganache ou d'une crème anglaise, trente minutes hors du feu, on filtre, et la mousse au chocolat qui en sort ne ressemble plus à celle de la semaine dernière. Elle parfume les poires pochées, un chocolat chaud, une glace. Quelques feuilles fraîches sur une coupe de framboises suffisent, elle est puissante. En infusion du soir, elle est plus douce que la poivrée pure. En salé, elle est déplacée : gardez la menthe verte pour cela.
À planter avec elle