Fruitiers
Le groseillier à maquereau, la grosse baie qu'on a oubliée
Ribes uva-crispa
Le groseillier à maquereau doit son nom à une sauce ancienne qui accompagnait le poisson gras, et il a quitté les jardins en même temps que la recette. C'est pourtant l'un des arbustes fruitiers les plus rustiques et les plus faciles, avec de grosses baies vertes, jaunes ou rouges selon les variétés. On les cuit vertes en juin, on les croque mûres en juillet.
Sous quelle forme
Sa carte d'identité
- Hauteur adulte
- 1,1 m
- Largeur adulte
- 1,1 m
- Distance de plantation
- 1,3 m
- Exposition
- Mi-ombre
- Sol
- Frais, profond, il redoute le plein soleil brûlant
- Rusticité
- -25 °C
- Arrosage
- Régulier la première année, puis en été sec
- Vigueur
- Moyenne, fructifie sur le bois de deux et trois ans
- Plantation
- automne, hiver, printemps
- Floraison
- printemps
- Récolte
- été
- Conservation
- Se consomme fraîche, se congèle entière
- Pollinisateurs
- Autofertile.
Le fruit
Grosses baies translucides et veinées, vertes, jaunes ou rouge vineux selon les variétés, acides cueillies vertes en juin, sucrées et parfumées à pleine maturité en juillet.
Ce que c’est
Il était partout dans les jardins de curé et les potagers de ferme, et il a été balayé en une génération. La mode s'en est chargée, et l'oïdium américain, une maladie arrivée au début du XXe siècle qui a décimé les vieilles variétés. Freedonia et Lady Delamare, que nous cultivons, ont été sélectionnées pour résister à ce champignon.
L'arbuste fait une touffe épineuse d'un mètre environ, aux branches arquées. Il fleurit très tôt, en mars, quand presque rien n'est ouvert, et les bourdons le trouvent avant tout le monde. Les baies sont grosses, parfois de la taille d'une petite prune, translucides et veinées à maturité, vertes, jaunes ou rouge vineux.
Cueillies vertes et fermes en juin, les baies sont acides et se cuisent comme de la rhubarbe, en compote ou en tarte. Laissées jusqu'en juillet, elles deviennent sucrées, parfumées, et se mangent crues sur place.
C'est un arbuste de climat frais qui souffre du plein soleil brûlant et préfère une exposition à l'est ou l'ombre légère d'un fruitier l'après-midi. Autant dire qu'il est chez lui dans l'Yonne. Il fructifie sur le bois de deux et trois ans, comme le groseillier à grappes, et se taille de la même façon.
Il pique. Les branches portent des aiguillons et la cueillette se fait avec des gants ou avec de la patience. C'est ce qui l'a fait disparaître des jardins autant que la maladie, et c'est le seul reproche qu'on puisse lui faire.
La planter
En godet, plantation de l'automne au printemps, hors gel et hors canicule. Un mètre trente entre deux plants.
Réservez-lui une exposition à l'est, ou la mi-ombre d'un fruitier, plutôt qu'un plein sud contre un mur qui renvoie la chaleur. Sol frais et profond, trou large, compost mélangé à la terre de remplissage, arrosage copieux, paillage épais qui gardera la fraîcheur en juillet.
L’entretenir
Gardez la touffe aérée, l'air qui circule est la meilleure protection contre l'oïdium. En hiver, sortez les branches de plus de trois ans et celles qui traînent au sol, et dégagez le centre pour pouvoir y passer la main sans se piquer jusqu'au coude.
À part cela, il ne demande rien pendant quinze ans. Un paillage renouvelé, un arrosage pendant les sécheresses de la première année, et c'est tout.
Avec quoi l’associer
Avec un groseillier à grappes et un cassissier, il complète la bordure de petits fruits et allonge la saison, puisqu'il se récolte en deux temps, vert en juin et mûr en juillet.
Peu de gens le connaissent encore. Venez le goûter à la pépinière quand les baies sont mûres, en juillet. C'est la seule façon de comprendre pourquoi il mériterait de revenir dans les jardins, et pourquoi les enfants qui y ont goûté une fois retournent tout seuls au bout de l'allée.
En cuisine
Vert et ferme, il se cuit en compote, en tarte et en sauce acidulée pour le maquereau, d'où son nom. Mûr, il se croque et fait une confiture parfumée. Les baies se congèlent entières.
À planter avec elle